Ces considérations figurent dans le compte-rendu numéro 15 diffusé à l’Assemblée par cette commission, devant laquelle M. de Charette avait été invité à s’expliquer sur la situation en Algérie.
Ces propos rapportés par la commission vont très au delà des prises de position publiques de la diplomatie française sur l’Algérie, relèvent les observateurs.
M. de Charette a indiqué que l’Algérie donne le sentiment d’accumuler les difficultés. Il a ajouté, selon les propos rapportés par le compte-rendu, que la situation en matière de sécurité y est spécialement préoccupante et le nombre de morts de l’ordre de 150 à 250 par semaine.
Il a estimé qu’il est difficile de prévoir l’avenir de la sécurité en Algérie. A la mi-1996, on a cru à un apaisement des tensions, mais les événements récents ont contredit cet espoir, selon le ministre cité dans le texte.
Sur le plan bilatéral, M. de Charette, toujours d’après ce compte-rendu, a expliqué que depuis l’élection présidentielle algérienne (novembre 1995), les relations avec les autorités d’Alger tendent à se normaliser.
Le ministre s’est rendu en Algérie au mois d’août mais «ses interlocuteurs se refusent au dialogue. Ils sont prompts à nous accuser d’ingérence ou à tenter de nous entraîner dans un soutien que nous ne souhaitons pas», selon les termes du compte rendu.
La France ne soutient pas plus le gouvernement algérien que les forces démocratiques. Elle dialogue et défend ses intérêts, indique également le ministre pour qui la France condamne le terrorisme. Mais elle est attentive à ne pas donner des leçons à l’Algérie même si elle souhaite la poursuite du processus démocratique, dit-on de même source.
Sur le plan politique, M. de Charette a estimé que le seul parti qui tire son épingle du jeu est le Mouvement de la société islamique (MSI-Hamas) de cheikh Mahfoud Nahnah.
Le ministre a espéré que les prochaines élections législatives se déroulent dans des conditions proches de celles de l’élection présidentielle qui a vu la victoire de M. Liamine Zéroual. Il a noté que le référendum constitutionnel de novembre 1996 visant à renforcer les pouvoirs du président s’est, selon la communauté internationale, déroulé dans des conditions très différentes de l’élection présidentielle.
L’opposition algérienne avait vivement dénoncé la «manipulation» de ce scrutin, qui s’était soldé par une victoire écrasante du «oui», rappelle-t-on.


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