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Actualités - Chronologie

Fausses oeuvres à la tonne

LURE (France), 22 Janvier (AFP). – Le procès pour contrefaçon et escroquerie de l’antiquaire, fondeur et marchand d’art français Guy Hain, cette semaine devant le tribunal correctionnel de Lure (est) a illustré le problème que posent les bronzes sur le marché de l’art.
Quatre ans de prison et 100.000 FF (18.000 USD) d’amende ont été requis contre Hain, qui aurait écoulé des dizaines de vrais-faux bronzes de Rodin, réalisés à partir de plâtres ou de moules authentiques.
Certaines des pièces reproduites telles l’«Age d’airain», le «Balzac nu» et le «Baiser», tirées de moules originaux, n’ont coûté que 36.000 dollars à fabriquer, mais ne portaient pas la mention «reproduction». Elles ont donc pu être revendues jusqu’à un million de dollars.
Une sculpture en bronze peut être tirée à plusieurs exemplaires, comme une lithographie.

Nombre
limité

Ces œuvres multiples sont tirées dans des fonderies, à partir des plâtres créés par l’artiste. C’est pour cette raison que l’on peut voir plusieurs «Bourgeois de Calais» ou plusieurs «Penseur» de Rodin.
Le nombre légal des tirages d’œuvres dites «originales» – vendues au prix fort – est limité à douze. Huit sont numérotés en chiffres arabes et quatre en chiffres romains. Au-delà, le bronze doit porter la mention reproduction. Il est alors vendu à un prix nettement inférieur.
Pour Rodin, comme pour beaucoup d’autres créateurs, les bronzes réalisés de son vivant n’ont pas été numérotés. Il est donc difficile de savoir combien d’épreuves de chaque sujet ont été tirées et combien d’œuvres «originales» peuvent encore être fondues.
Au tribunal de Lure, l’avocat de Hain, Olivier Metzner, avait choisi de défendre son client en attaquant le musée Rodin. Celui-ci est coupable selon lui de rééditer et de proposer à la vente des bronzes fondus récemment mais numérotés en chiffres romains.

Au millimètre

Les contrefaçons reprochées à Hain sont à différencier des surmoulages réalisés par d’autres faussaires. A partir d’un plâtre original, la contrefaçon est de même dimension que le bronze original. A partir d’un surmoulage, moule recréé sur un bronze, la reproduction est toujours de dimensions légèrement supérieures.
En mesurant au millimètre près, l’expert peut déceler la supercherie. C’est plus facile pour lui que de déterminer l’âge d’une œuvre, car une patine bien faite ne bouge pratiquement pas si le bronze a été bien entretenu.
«Les pièces qui sont ici respectent mieux que beaucoup d’autres l’esprit de l’artiste», a plaidé M. Metzner, en évoquant les quantités de reproductions en résine, plastique ou cire vendues chaque jour aux visiteurs du musée Rodin.
Renonçant à s’y retrouver dans les 3.000 pièces – près de 20 tonnes – saisies au cours de l’instruction, le procureur Clarisse Taron insistait plutôt sur le fait que Hain vieillissait artificiellement certaines pièces. Ainsi le poinçon de Georges Rudier était remplacé par celui de son grand-oncle Alexis Rudier, fondeur attitré de Rodin.
LURE (France), 22 Janvier (AFP). – Le procès pour contrefaçon et escroquerie de l’antiquaire, fondeur et marchand d’art français Guy Hain, cette semaine devant le tribunal correctionnel de Lure (est) a illustré le problème que posent les bronzes sur le marché de l’art.Quatre ans de prison et 100.000 FF (18.000 USD) d’amende ont été requis contre Hain, qui aurait écoulé des dizaines de vrais-faux bronzes de Rodin, réalisés à partir de plâtres ou de moules authentiques.Certaines des pièces reproduites telles l’«Age d’airain», le «Balzac nu» et le «Baiser», tirées de moules originaux, n’ont coûté que 36.000 dollars à fabriquer, mais ne portaient pas la mention «reproduction». Elles ont donc pu être revendues jusqu’à un million de dollars.Une sculpture en bronze peut être tirée à plusieurs...