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Actualités - Chronologie

Au nom d'Allah


GROZNY (Russie), 20 Janvier (AFP). — A la nuit tombante, des dizaines d’hommes se pressent dans les rues enneigées en direction d’une mosquée surplombant la capitale tchétchène Grozny pour la prière du soir, marquant la rupture du jeûne quotidien en ce mois de ramadan.
Sultan, 29 ans, ne manque pas une prière.«Pour tout vrai croyant, c’est obligatoire. Avant, il y avait moins de monde, mais maintenant, tous ont compris que l’indépendance et l’islam vont ensemble. Sinon, pourquoi nous sommes-nous battus pendant ces deux années?»
Les 21 mois de guerre dans la petite république caucasienne ont constitué un formidable amplificateur pour l’islam, dont la pratique assidue a progressé au tout premier rang parmi les jeunes, qui ont puisé dans la foi le courage et l’énergie du combat.
«Quand tu crois, quand tu sais que tu te bats pour Allah et que si tu meurs il t’ouvrira directement les portes du paradis, tu n’as pas peur de mourir. Au contraire, tu le veux et tu es un ennemi effrayant», dit Biékhan, 23 ans, un combattant des unités de choc tchétchènes.
Ses yeux s’allument quand il explique les forces qu’il a puisées dans la religion. Ainsi, du zikr, la danse traditionnelle d’une des confréries soufies très présentes en Tchéchénie. «Tu bouges, tu chantes, tu te sens pénétré par la foi jusque dans le dernier de tes muscles et tu sais que tu es prêt au combat».

Etat islamique

Témoins de ce renouveau, les premières femmes en grand voile ont fait leur apparition, des affichettes sur les immeubles détruits de Grozny proposent des cours d’arabe (le tchétchène s’écrit en alphabet cyrillique ou romain) et la religion est devenue l’un des sujets de discussion les plus prisés.
Tous les candidats à la prochaine élection présidentielle ont pris en considération cette renaissance religieuse et promettent l’instauration d’un «Etat islamique» à plus ou moins long terme. L’un d’eux, l’ancien porte-parole des séparatistes, Movladi Oudougov, a baptisé son programme «Ordre islamique».
Il se défend des accusations de fondamentalisme, «si ce n’est que l’islam doit servir de fondement à l’Etat». «Il faut progresser par étapes, sinon on risque de dresser le peuple contre la religion», dit-il.
Movladi Oudougov s’apprête à fonder un parti «Ordre islamique» dans le but «d’expliquer et d’avancer vers l’Etat islamique».
Déjà, à travers le pays, des tribunaux coraniques se sont mis en place. Et le pays vit au strict régime de la «loi sèche», l’alcool ne se trouvant plus que sous le manteau.
Les responsables indépendantistes voient souvent dans la religion le moyen de canaliser les énergies des jeunes combattants surarmés et soudain désœuvrés. Mais le parfum de la victoire a parfois pour ceux-ci un goût enivrant.
GROZNY (Russie), 20 Janvier (AFP). — A la nuit tombante, des dizaines d’hommes se pressent dans les rues enneigées en direction d’une mosquée surplombant la capitale tchétchène Grozny pour la prière du soir, marquant la rupture du jeûne quotidien en ce mois de ramadan.Sultan, 29 ans, ne manque pas une prière.«Pour tout vrai croyant, c’est obligatoire. Avant, il y avait moins de monde, mais maintenant, tous ont compris que l’indépendance et l’islam vont ensemble. Sinon, pourquoi nous sommes-nous battus pendant ces deux années?»Les 21 mois de guerre dans la petite république caucasienne ont constitué un formidable amplificateur pour l’islam, dont la pratique assidue a progressé au tout premier rang parmi les jeunes, qui ont puisé dans la foi le courage et l’énergie du combat.«Quand tu crois, quand tu sais...