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Actualités - Conferences Internationales

L'interdiction des matières fissiles, nouvel objectif du désarmement nucléaire

GENEVE, 20 Janvier (AFP). — La conférence du désarmement de l’ONU souhaite s’attaquer cette semaine à l’interdiction des matières servant à fabriquer l’arme atomique, mais l’Inde risque de bloquer la négociation après avoir mis son veto l’an dernier à l’interdiction des essais nucléaires, ont déclaré des diplomates.
L’interdiction des mines terrestres antipersonnel figure également parmi les priorités du seul forum multinational de désarmement, dont les 61 pays membres se retrouvent à partir de mardi à Genève pour une première session prévue jusqu’à la mi-mars.
Après la difficile négociation du traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT), les Etats-Unis et d’autres pays souhaitent interdire la production de matériaux fissiles comme nouvelle étape du désarmement atomique.
Lancé en 1993, le projet d’un traité dit «cut-off» s’inscrit dans la logique de limitation de ces arsenaux à la suite du Traité de non-prolifération nucléaire, prorogé pour une période indéfinie en 1995, et du CTBT, signé par 138 pays l’automne dernier.
Mais la négociation se heurte à l’opposition d’Etats à ambition nucléaire et de pays du Sud, qui accusent les différents traités de légitimer le monopole atomique des cinq puissances déclarées: Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne et Chine.
«L’Inde et le Pakistan n’en veulent pas. Ils souhaitent continuer à pouvoir accumuler des matières fissiles», a déclaré un diplomate.
New Delhi a bloqué l’été dernier la conclusion du CTBT à Genève en mettant son veto au projet, comme le permet le fonctionnement par consensus de la conférence. Le texte a finalement été voté à l’assemblée générale de l’ONU de New York grâce à un subterfuge diplomatique.

Impasse

«L’Inde a tiré les leçons du CTBT. Elle sait qu’elle doit mettre son veto au départ si elle veut réussir car elle ne pourra pas le faire à la fin», dit un diplomate.
Elle devrait avoir le soutien du Pakistan, qui, comme l’Inde, possède la capacité de fabriquer la bombe atomique et n’a pas non plus signé le CTBT, ainsi que d’autres non-alignés.
Ces pays souhaitent que le traité sur les matières fissiles soit lié à un engagement contraignant de désarmement nucléaire, ce que refusent les Cinq.
Le directeur de l’Agence américaine du désarmement John Holum a récemment mis en garde contre des «liens artificiels qui, dans ce cas, feraient du lancement même de négociations formelles sur les matières fissiles l’otage» d’une élimination des armes nucléaires.
La négociation risque ainsi d’être paralysée avant même d’avoir commencé.
«Les positions sont bloquées», note un diplomate. «Nous sommes en face d’une impasse», dit un autre.
L’interdiction des mines antipersonnel, des armes dont les principales cibles sont les civils, doit constituer le second grand thème de la conférence.
Une longue négociation sur les mines qui tuent ou mutilent un demi-millier de personnes chaque semaine a débouché l’an dernier à Genève sur un résultat contesté.
L’accord légitimise l’usage de mines sophistiquées, détectables et qui s’autodétruisent au bout de quelques mois.
Le Canada a lancé une initiative pour réunir les dizaines de pays qui se sont prononcés unilatéralement pour une interdiction de produire, exporter, vendre et stocker les mines.
Mais les Etats-clés, Chine, Inde et Russie, restent en dehors des moratoires.
Les Occidentaux souhaitent que la conférence du désarmement, qui n’était pas chargée du dossier des mines, ouvre des pourparlers sur un traité d’interdiction afin de rallier les trois grands pays concernés.
«Ce sera difficile et long», dit un diplomate.
GENEVE, 20 Janvier (AFP). — La conférence du désarmement de l’ONU souhaite s’attaquer cette semaine à l’interdiction des matières servant à fabriquer l’arme atomique, mais l’Inde risque de bloquer la négociation après avoir mis son veto l’an dernier à l’interdiction des essais nucléaires, ont déclaré des diplomates.L’interdiction des mines terrestres antipersonnel figure également parmi les priorités du seul forum multinational de désarmement, dont les 61 pays membres se retrouvent à partir de mardi à Genève pour une première session prévue jusqu’à la mi-mars.Après la difficile négociation du traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT), les Etats-Unis et d’autres pays souhaitent interdire la production de matériaux fissiles comme nouvelle étape du désarmement...