WASHINGTON, 20 Janvier (AFP). — Les milliers d’Américains venus en famille ce week-end à Washington s’émerveiller du dernier cri de leur technologie nationale auront surtout vu des produits électroniques... japonais.
La tente multimédia, installée sur le «Mall» entre Congrès et Maison-Blanche dans le cadre des festivités d’investiture de leur président, devait vanter le «pont lancé vers les XXIe siècle» cher à Bill Clinton et les prouesses de la Silicon Valley, du Massachusetts Institute of Technology ou de Cap Canaveral.
Mais parents et enfants de la première puissance économique mondiale ont joué sur moniteurs NEC, lu sur ordinateurs Toshiba, filmé avec caméras Sony ou «surfé» sur écrans Mitsubishi et consoles JVC.
La plupart des logiciels, «l’intelligence» des systèmes présentés, était bien de fabrication américaine mais leurs marques et les entreprises bien moins visibles que leur support matériel.
«Nous ne voulions pas faire une foire commerciale (…) Nous avons fait des recommandations en ce sens», a expliqué Jonathan Anastas, vice-président de Digital Evolution, la firme qui a organisé cette vaste «cour de récréation technologique».
Résultat: la plupart des marques visibles étaient nippones même si, ici et là, des incrustations Sony ont été enlevées de gros téléviseurs Trinitron. IBM avait bien son stand mais Microsoft était absent et Intel ou Apple très discrets.
Talk show
De l’imagerie médicale aux talk shows virtuels, des images prises par caméra infrarouges à celles présentées en haute définition, des lecteurs de vidéodisques numériques (DVD) aux messages Internet au président Clinton, rien ou presque de la pointe du progrès américain n’a échappé à une marque japonaise.
Si la marque américaine Hewlett Packard était bien représentée, l’organisatrice Digital Evolution montrait des technologies du futur sur écrans Mitsubishi ou NEC.
La chaîne publique américaine de télévision PBS présentait ses services en ligne sur écrans Toshiba et ses images de haute définition sur JVC, marque du géant Matsushita. Petits et grands marquaient leurs paniers de basket virtuel sur écrans Sony ou Toshiba.
Le talk show, qui a enchanté les enfants discutant avec une marionnette virtuelle, était filmé par Sony et vu sur moniteur Panasonic (Matsushita). Les concepteurs américains Protoozoa et Silicon Graphics n’apparaissaient pas.
Time Warner a présenté le vidéodisque numérique (DVD) mais en partenariat avec Toshiba dont les représentants commerciaux sillonnaient le stand, badge bien en vue. «C’est une stratégie de partenariat», résumait Craig Eggers, responsable marketing Toshiba.
«Nous ne sommes pas dépendants de Mitsubishi», assurait Craig Deans, responsable d’Advance Inc, firme américaine d’imagerie médicale, mais «la résolution est meilleure sur leurs écrans ou ceux de NEC».

