Netanyahu qui, il y a quatre mois à peine, était accusé d’avoir provoqué une vague d’émeutes sanglantes palestiniennes, en faisant ouvrir un tunnel archéologique dans la vieille ville de Jérusalem, peut se prévaloir aujourd’hui de poursuivre la politique de ses prédécesseurs travaillistes qu’il dénonçait en son temps.
Le fait est qu’il est le premier dirigeant de la droite d’Israël à renoncer à une parcelle d’«Eretz Israël», le pays d’Israël, aux frontières bibliques, qui englobe les territoires occupés en juin 1967.
Or l’opposition à un partage de cette terre entre Israéliens et Palestiniens a été, depuis la création de l’Etat en 1948, un article de foi inébranlable de la droite nationaliste en Israël.
Par sa démarche sacrilège, Netanyahu s’est attiré les foudres des siens. Une partie importante de son propre parti l’accuse ouvertement d’avoir renié ses principes et soutient qu’il est un opportuniste, prêt à tout sacrifier à sa carrière.
L’un de ses ministres, Benny Begin, fils du chef historique de la droite Menahem Begin, et qui incarne la fidélité aux dogmes, a donné sa démission avec éclat.
L’ancien premier ministre, Yitzhak Shamir, qui jouit d’un grand prestige bien qu’il se soit retiré de la vie politique, a accusé carrément Netanyahu, dont il avait été le mentor, d’avoir trahi ses idéaux.
Un héritage travailliste
Plus grave, au sein du cabinet, le chef de file des «durs» le ministre des Infrastructures, Ariel Sharon, appelle ouvertement à la formation d’un gouvernement d’union nationale avec l’opposition travailliste, à laquelle il fait apparemment plus confiance qu’à son propre premier ministre.
Mais loin de le desservir, l’opposition des tenants d’un nationalisme pur et dur, fait apparaître sur la scène internationale Netanyahu comme relativement modéré.
M. Netanyahu a répondu publiquement à ses détracteurs qu’il n’avait pas changé de conceptions mais que la «réalité avait changé» et qu’il lui fallait en tenir compte.
Il a souligné que l’accord sur Hébron, conclu une première fois en septembre 1995, était d’abord un «héritage du pouvoir travailliste» et que son gouvernement était obligé de tenir, au moins dans les grandes lignes, les engagements de ses prédécesseurs.
Mais il souligne que ses objectifs sont radicalement différents: «Les travaillistes voulaient mettre fin à la colonisation juive à Hébron, je veux la développer».
S’adressant directement aux 400 colons installés au milieu de 120.000 Palestiniens, M. Netanyahu a déclaré: «Je sais que vous avez peur, mais vous êtes nos frères et nos sœurs, nous nous occupons de chacun d’entre vous, vous êtes le symbole de 4.000 ans d’histoire de cette ville».
«Nous continuerons à renforcer votre présence», a-t-il dit.
Il peut se prévaloir du fait que le démantèlement de l’implantation juive à Hébron et l’évacuation des 400 colons n’est pas à l’ordre du jour, alors qu’il en avait été question il y a deux ans après un massacre commis par un colon.
Par-delà la question de Hébron, Netanyahu reste toujours opposé à la création d’un Etat palestinien indépendant et il exclut le démantèlement d’implantations juives dans les territoires occupés, dans le cadre d’un règlement final.
Il n’est prêt à accorder aux Palestiniens qu’une autonomie relativement large, sans toucher à la colonisation. Or les 144 colonies de peuplement juives tissent une trame serrée, qui rend impossible toute souveraineté.


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