WASHINGTON, 17 Janvier (AFP).— Si la marque de Bill Clinton dans l’Histoire dépendra de son second mandat, son épouse Hillary est déjà assurée d’y entrer comme la première dame la plus puissante mais aussi la plus controversée de l’histoire américaine.
En quatre ans d’une présidence où sa personnalité affirmée a été l’objet de vives critiques, Mme Clinton, 49 ans, a appris à adoucir son image, et le temps semble loin où elle se présentait comme la partenaire de son mari, avocate brillante et déterminée à influencer directement la politique du pays.
Elle a participé le week-end dernier au séminaire de réflexion regroupant autour du président ses anciens et nouveaux ministres. Elle a récemment déclaré qu’elle souhaitait un «rôle officiel« dans la réforme du système d’aide sociale (Welfare) lors du second mandat de son époux, et s’intéresse de près à l’avenir de la ville de Washington. L’heure n’est plus aux grands projets, comme celui de la réforme du système de santé qu’elle avait dirigé en début du premier mandat, un échec cuisant.
«Elle continuera probablement à conseiller son mari, mais elle retournera à la norme», prédit Leonard Steinhoin, expert de l’American University à Washington.
Selon lui, le plus grand danger pour elle reste l’imbroglio politico-financier du Whitewater, dans lequel son rôle est régulièrement dénoncé par l’opposition républicaine. «Personne ne sait comment cela va finir», ajoute M. Steinhoin.
Fin novembre, un quotidien avait affirmé que la Maison-Blanche s’attendait à des inculpations dans cette affaire de projet de développement immobilier dans lequel le couple Clinton avait investi dans les années 70 et qui avait tourné au fiasco. La Maison-Blanche avait démenti.
A la veille de l’investiture présidentielle, la presse américaine s’intéressait temporairement davantage aux toilettes de Mme Clinton pour les diverses cérémonies, qu’aux turpitudes dont l’accusent les républicains.
La blonde Hillary, à la froideur souvent prise pour de l’arrogance, sera habillée par le couturier new-yorkais Oscar de la Renta, et a choisi pour les différents bals une longue robe de tulle brodée d’or, accompagnée d’une cape de satin, et pour la prestation de serment un ensemble de laine avec un manteau assorti.
Il y a quatre ans, Mme Clinton avait choisi une jeune couturière, Sarah Philipps, dont la gloire éphémère s’est terminée en faillite.
Mme Clinton version 97 semble ne se faire aucune illusion sur sa future marge de manœuvre. Comportement, vêtements, coiffure, les efforts faits durant quatre ans pour adoucir son image n’ont guère porté: elle reste la première dame la plus controversée depuis Eleanor Roosevelt, son modèle, et près d’un Américain sur deux en a une opinion défavorable, selon un récent sondage.
Désormais habituée de la polémique, cette méthodiste pratiquante, mère de Chelsea, 16 ans, ironisait récemment sur le fait que l’on attendait d’elle qu’elle n’ait «aucune opinion et aucune idée sur quoi que ce soit».
Le seul moyen pour une première dame d’échapper à la polémique, ajoutait-elle, est sans doute «de se retirer totalement, peut-être (...) d’avoir un sac sur la tête quand vous êtes en public».


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