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Actualités - Chronologie

La Tchétchénie prépapre ses élections en toute indépendance

GROZNY, 16 Janvier (AFP). — Dans leur petite république ravagée par deux années de guerre, les indépendantistes tchétchènes préparent les élections du 27 janvier en s’estimant déjà indépendants, se souciant comme d’une guigne des vues du Kremlin, qui les considèrent toujours comme partie intégrante de la Russie.
«La question de l’indépendance est résolue», assène d’entrée le leader tchétchène Zelimkhan Iandarbiev. «Maintenant il faut résoudre au plus vite la question des relations avec la Russie. Soit nous échouons et nous nous disons adieu, soit nous coopérons».
Les accords de paix signés le 31 août ont en fait laissé une ambiguïté, stipulant que les relations entre la Russie et sa république rebelle devaient être définies dans un délai de cinq ans. Or, si Moscou y voit un laps de temps pour élaborer un statut juridique pour la république, les indépendantistes l’interprètent comme une reconnaissance de fait de leur sécession ne laissant à régler que les détails de «la coopération entre deux Etats souverains».
Forts d’accords arrachés à la faveur de leur victoire sur les forces russes dans la capitale Grozny en août dernier, ils entendent bien pousser les feux et refusent tout droit de regard à Moscou sur leurs «affaires intérieures».
Les prochaines élections législatives et présidentielle, hautement symboliques, cristallisent cette opposition. La commission électorale tchétchène a ainsi détruit des documents russes sur l’organisation de scrutins régionaux datant de «l’occupation».
Les indépendantistes ont aussi décidé que le vote ne se déroulerait que sur le territoire de la république, en dépit des 300.000 à 400.000 réfugiés et des dizaines de milliers de Russes d’origine partis en raison de la guerre ou depuis la déclaration d’indépendance de 1991.
Les autorités russes contestent cette décision, qui risquerait de remettre en cause la légitimité des scrutins, et affirment poursuivre des négociations avec les indépendantistes sur la question, ce que ceux-ci démentent.
«Que la Russie reconnaisse notre indépendance et nous ouvrirons une ambassade à Moscou et des consulats à travers le pays où le vote pourra être organisé» lance Moumadi Saïdaïev, président de la Commission électorale tchétchène. «Mais en l’état, il ne se déroulera que sur notre territoire».
Seule concession, une trentaine de bureaux spéciaux seront ouverts dans des localités frontalières pour le vote des réfugiés et des bus affrétés pour les y amener.

Le souvenir de Doudaïev

Quant aux réserves de Moscou, elles sont balayées. «C’est une vaine tentative de la Russie pour faire croire qu’elle a encore une influence ici», jette Chamyl Bassaïev, le plus célèbre chef militaire indépendantiste, candidat à la présidence.
«Discuter pour savoir si nous faisons ou non partie de la Russie, ce n’est pas de la politique, c’est de la stupidité», renchérit Movladi Oudougov, ancien porte-parole des séparatistes, lui aussi candidat.
Les inquiétudes russes sont même source de satisfaction pour Zelimkhan Iandarbiev, qui glisse: «Si Moscou s’inquiète, c’est la preuve que nous défendons notre indépendance».
Dans les rues de la capitale Grozny, pavoisées de drapeaux rouge-vert-blanc de l’indépendance, l’humeur n’est pas non plus à la conciliation. «Les Russes n’ont rien à voir avec ça, qu’ils nous laissent enfin décider de notre vie en paix. Ils ne trouvent pas qu’ils ont déjà assez détruit comme ça?», lance Iacha, 42 ans, en ponctuant d’un crachat.
L’indépendance confine même au mythe. «De toutes façons, je voterai Djokhar (Doudaïev)», crie ainsi Samida, vendeuse au bazar, en évoquant le «premier président tchétchène» qui a proclamé l’indépendance de la république et a été tué en avril 1996 dans un raid aérien russe, selon les séparatistes. Beaucoup sont encore persuadés qu’il est encore vivant. «Les gens comme lui ne meurent jamais».
GROZNY, 16 Janvier (AFP). — Dans leur petite république ravagée par deux années de guerre, les indépendantistes tchétchènes préparent les élections du 27 janvier en s’estimant déjà indépendants, se souciant comme d’une guigne des vues du Kremlin, qui les considèrent toujours comme partie intégrante de la Russie.«La question de l’indépendance est résolue», assène d’entrée le leader tchétchène Zelimkhan Iandarbiev. «Maintenant il faut résoudre au plus vite la question des relations avec la Russie. Soit nous échouons et nous nous disons adieu, soit nous coopérons».Les accords de paix signés le 31 août ont en fait laissé une ambiguïté, stipulant que les relations entre la Russie et sa république rebelle devaient être définies dans un délai de cinq ans. Or, si Moscou y voit un laps de temps pour...