Ces consignes, qui émanent du «Département pour la promotion du bien et la lutte contre le vice», enjoignent l’écrasante majorité des femmes à rester cloîtrées chez elles et interdisent les repas en public ainsi que les spectacles et divertissements.
En règle générale, les musulmans doivent s’abstenir de manger, boire et fumer dans les lieux publics durant le mois sacré de jeûne.
«Tous les hôtels et restaurants à Kaboul et sur l’ensemble du territoire afghan doivent fermer entre le lever et le coucher du soleil pendant la période de Ramazan (nom afghan du Ramadan)», lit-on dans ce document de sept pages.
«Nos chères sœurs sont priées de ne pas s’aventurer hors de leurs foyers sans excuse valable. Si elles doivent le faire, elles devront être voilées de la tête aux pieds».
Le numéro deux du département anti-vice, le mollah Enayatullah Baligh, a explicité les raisions légales permettant aux femmes de sortir: «Acheter de la nourriture, se rendre au chevet de malades hospitalisés, assister à des obsèques. Mais il n’est pas question pour elles de flâner dans les marchés et les jardins publics».
Le religieux a ajouté: «La seule vue d’une femme par un homme en période de Ramadan serait perçue comme une provocation».
Les concerts et les réceptions sont interdits tant dans les hôtels qu’aux domiciles des particuliers et les «étudiants en religion» exhortent tous les Afghans à assister à la récitation du Coran dans les mosquées.
A cet effet, le couvre-feu en vigueur à partir de 21h00 depuis la prise de Kaboul en septembre va être assoupli.
«Ce ne sont que des directives. Nous ne forcerons pas les habitants à quitter leurs foyers pour se rendre à la mosquée», a dit le mollah.
Quant aux étrangers, aux voyageurs et aux malades — tous exemptés de jeûne durant le Ramadan —, ils ne doivent pas manger ou boire devant ceux qui observent le jeûne.
«Vous pouvez vous y livrer en privé mais si vous le faites en public, nous vous arrêterons», a déclaré le mollah à l’adresse du correspondant — non-musulman — de Reuter.
Le document stipule de son côté que «ceux qui rompent le jeûne ou ne l’observent pas seront sanctionnés sur la base de la «charia» (loi islamique)».
Depuis leur arrivée au pouvoir, les «étudiants-soldats» afghans ont imposé une république islamique très stricte dans les régions qu’ils contrôlent.


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