«J’ai pris le bus pour me rendre à Homs (centre) pour passer la fête du Nouvel an en famille», raconte Samir, étendu sur son lit à l’hôpital al-Mouassat à l’ouest de Damas, où il a été admis aussitôt après l’attentat.
«J’ai perdu connaissance et je me suis réveillé à l’hôpital», poursuit Samir, un étudiant.
Après quelques minutes de silence et d’hésitation, il ajoute, la voix entrecoupée de sanglots: «Je devais me rendre lundi prochain au Maryland aux Etats-Unis pour poursuivre mes études».
Le frère de Samir était encore alité samedi à l’hôpital al-Moujtahid, dans le sud de la capitale syrienne, après avoir été blessé lui aussi dans l’attentat à l’explosif qui avait ravagé mardi dernier un bus de transport public dans un quartier populaire de Damas.
Samir, paralysé de ses jambes, a «subi une intervention chirurgicale à l’abdomen, à la suite d’une hémorragie interne», a expliqué le chef du service de réanimation à l’hôpital al-Mouassat, le docteur Bassam Joukhdar. Son état de santé est «instable», a-t-il ajouté.
Dans une autre salle de l’hôpital, Jamel Salibi, 22 ans, a perdu sa jambe dans l’attentat. «L’explosion m’a projeté par terre, et quand j’ai voulu me relever j’ai compris que ma jambe était coupée. Alors, j’ai rampé sur mon ventre pour m’éloigner, avant d’être transféré à l’hôpital», raconte-t-il.
Autre victime de l’attentat, Issa Salamat, 36 ans, mécanicien de voitures, a été brûlé au visage. «Je passais à côté de l’autobus au moment de l’explosion. C’était mon destin», a-t-il expliqué, ajoutant qu’il souffrait aussi d’une blessure à la tête.
Selon le docteur Bassam Joukhdar, 15 personnes, gravement mutilées ou brûlées, sont toujours en réanimation. «Ces blessés doivent rester longtemps à l’hôpital pour subir les soins nécessaires», a-t-il expliqué.

