Un haut responsable du secteur spatial russe s'est enthousiasmé hier devant le succès des Iraniens qui ont mis en orbite un satellite, prouvant ainsi que « leurs missiles peuvent atteindre n'importe quel point sur le globe ». « Je tire mon chapeau aux scientifiques iraniens », a déclaré Vitali Lapota, directeur de la société de construction spatiale RKK Energuia, cité par l'agence Interfax. L'Iran a annoncé avoir placé en orbite lundi soir son premier satellite à l'aide de sa fusée Safir-2. Ce satellite, baptisé Omid (Espoir), est de fabrication 100 % iranienne, a souligné l'agence IRNA. Selon des experts américains, la mise en orbite d'un satellite par l'Iran prouve que Téhéran maîtrise un peu mieux la technologie qui, à terme, pourrait lui permettre de se doter d'un missile à ogive nucléaire capable de frapper l'Europe ou les États-Unis. D'autre part, le lancement « technique » de la centrale nucléaire de Bouchehr doit avoir lieu d'ici à la fin de l'année, a déclaré hier le chef de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique (Rosatom), Sergueï Kirienko, cité par l'agence Ria Novosti. Le lancement « technique » vise à tester les équipements et précède le lancement « énergétique » après lequel commence la production de l'énergie, qui pourrait suivre dans les deux ou trois mois, a expliqué à l'AFP le porte-parole de M. Kirienko, Sergueï Novikov. La construction de la centrale a été retardée à de multiples reprises sur fond de tensions autour du programme nucléaire iranien, les Occidentaux craignant qu'il ne dissimule un projet militaire.
De son côté, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a conseillé aux grandes puissances « d'apprendre à parler avec respect aux autres peuples » pour être écoutées, a rapporté hier l'agence FARS. « Nous sommes partisans du dialogue. (...) Nous écoutons les paroles de tous ceux qui dans le monde ont une parole juste et des propositions pour régler les problèmes du monde », a-t-il ajouté. « L'époque de votre tyrannie a pris fin » avec la révolution islamique, a-t-il ajouté.
Sur un autre plan, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a déclaré hier « regretter » que l'organisme culturel British Council ait été « contraint » de suspendre ses opérations à Téhéran en raison de « pressions inacceptables » du gouvernement iranien. « La population iranienne ne souhaite pas être isolée du reste du monde. J'espère donc que le gouvernement iranien permettra au British Council de reprendre des opérations normales aussi vite que possible », a-t-il poursuivi. En outre, la Grande-Bretagne pense que l'Iran ne mettra pas plus de quelques années à développer sa capacité de frappe nucléaire et se tient prête, si nécessaire, à prendre des sanctions plus dures, même seule, a déclaré un responsable du Foreign Office, Bill Rammell.
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