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Moyen Orient et Monde - Analyse

Le satellite iranien pourrait préfigurer le lancement d’un missile balistique

« En ce qui concerne l'Iran, notre plus grand souci a toujours été que n'importe quel pays capable de mettre un satellite en orbite fait en même temps la démonstration de sa capacité à lancer une arme nucléaire sur un autre continent », a affirmé Rick Lehner, porte-parole de l'Agence de défense antimissile américaine.
Le lancement d'un satellite est particulièrement impressionnant en raison des strictes sanctions internationales imposées à l'Iran pour tenter de lui faire abandonner ses ambitions nucléaires, ont souligné des experts. « Malgré l'opposition internationale et les sanctions, l'Iran a rejoint un club très fermé : les pays qui ont réussi à mettre un satellite en orbite », écrit Geoffrey Forden, un chercheur du Massachusetts Institute of Technology, sur le blog spécialisé
armscontrolwonk.com. Un responsable américain ayant requis l'anonymat avait confirmé à l'AFP que l'Iran semblait bien avoir mis un satellite en orbite basse, comme l'affirme Téhéran. En revanche, il faudra un peu plus de temps pour déterminer le type de fusée utilisé : un engin à trois étages, basé sur une technologie dérivée des vieux missiles soviétiques SCUD, ou une fusée à deux étages beaucoup plus puissante, ce qui représenterait un saut technologique exponentiel pour l'Iran, a déclaré M. Forden à l'AFP. « S'il s'agit d'un missile à deux étages, cela voudrait dire qu'ils ont fait un progrès technologique énorme et ça, ce serait vraiment très inquiétant », a souligné le chercheur. « Cela rendrait l'éventualité d'un missile balistique intercontinental bien plus probable que nous ne le pensions jusqu'à présent », a-t-il ajouté. Selon des astronomes amateurs, la mise en orbite du satellite iranien s'est bien faite avec un lanceur à deux étages, mais selon M. Forden, cela reste à confirmer. Un expert aérospatial iranien, Asghar Ebrahimi, a indiqué mardi que la fusée Safir-2, qui a emporté Omid dans l'espace, va « jusqu'à 50 ou 60 km dans l'espace, puis le second étage démarre et emporte le satellite à l'altitude désirée ». Les fusées Kavoshgar et Safir semblent dérivées du missile balistique Shahab-3, le plus performant de l'arsenal iranien, avec une portée déclarée de près de 2 000 km. Paradoxalement, ce lancement pourrait encourager la nouvelle administration du président Obama à poursuivre le projet d'installation d'un bouclier antimissile en Europe de l'Est malgré la très forte opposition de la Russie, qui y voit une provocation. Les défenseurs américains du bouclier ont toujours brandi la menace iranienne pour justifier son installation aux portes de la Russie, souligne Patrick Clawson, du centre de réflexion Washington Institute for Near East Policy. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine « a toujours tourné en ridicule les déclarations américaines selon lesquelles l'Iran pourrait à terme se doter d'un système qui puisse atteindre l'Europe et a laissé entendre que cela n'avait aucun sens », rappelle M. Clawson.
« En ce qui concerne l'Iran, notre plus grand souci a toujours été que n'importe quel pays capable de mettre un satellite en orbite fait en même temps la démonstration de sa capacité à lancer une arme nucléaire sur un autre continent », a affirmé Rick Lehner, porte-parole de l'Agence de défense antimissile américaine.Le lancement d'un satellite est particulièrement impressionnant en raison des strictes sanctions internationales imposées à l'Iran pour tenter de lui faire abandonner ses ambitions nucléaires, ont souligné des experts. « Malgré l'opposition internationale et les sanctions, l'Iran a rejoint un club très fermé : les pays qui ont réussi à mettre un...
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