Des manifestants sont assis sur la chaussée face à des membres des CRS (compagnies républicaines de sécurité) lors d’une manifestation organisée par des collectifs étudiants et des syndicats à Paris, en France, le 22 octobre 2026. Photo Abdul Saboor/Reuters
La Ligue des droits de l'homme (LDH) a réclamé jeudi l'envoi en France d'une mission d'observation sous l'égide des Nations unies lors des prochaines manifestations, alors que la doctrine de maintien de l'ordre employée par les forces de police lors des dernières manifestations dans le pays fait l'objet de nombreuses mises en cause.
« La LDH saisit le Comité des droits de l'enfant de l'ONU et en appelle au Haut-Commissaire aux droits de l'homme pour qu'il effectue une mission d'observation des manifestations qui vont se dérouler, afin que manifestantes et manifestants puissent s'exprimer pacifiquement », explique l'organisation de défense des droits humains.
Cette demande est portée face à « l'urgence d'une indispensable protection à apporter pour l'exercice de la liberté de manifester, pour le respect de l'intégrité physique et de la sécurité des personnes qui seront dans la rue », précise le communiqué, qui juge le maintien de l'ordre de ces dernières semaines « particulièrement chaotique et incohérent ».
Elle pointe du doigt l'utilisation par les forces de l'ordre d’armes dites « sublétales » ayant déjà « provoqué des mutilations » (lanceurs de balles de défense, grenades de désencerclement..), ainsi que la multiplication des forces qui seront mises en place le week-end prochain.
Depuis septembre, la gestion par le gouvernement du mouvement lycéen, récemment rejoint par une revendication contre la vie chère, a été remise en question par de nombreuses organisations de défense des droits humains.
Le ministère de la Justice a par ailleurs annoncé jeudi que 217 personnes ont été incarcérées parmi les 2 700 placées en garde à vue à la suite des actes de pillages et de dégradations de biens publics observés en marge des manifestations, qui avaient réuni plus de 800 000 personnes à travers le pays samedi dernier.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait déjà exprimé son « inquiétude » concernant les incidents liés aux manifestations lycéennes en France, notamment après qu'un lycéen a eu la main arrachée par une grenade lancée par les forces de l'ordre à Lens.
Une mission d'observation permet à l'ONU de déployer des observateurs sur le terrain, chargés de rendre compte de la conduite des manifestations et du respect des libertés.
De nombreuses manifestations ont d'ores et déjà été déclarées « interdites » par divers préfets de police de plusieurs régions, comme à Lyon et Marseille.