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Agenda - Décoration

Laura Lahoud distinguée par l’Italie pour son engagement dans le dialogue culturel


Laura Lahoud distinguée par l’Italie pour son engagement dans le dialogue culturel

Laura Lahoud reçoit les insignes de chevalière de l’ordre du Mérite italien des mains de l’ambassadeur Fabrizio Marcelli. Photo Nabil Ismaïl

À Venise, pendant les années de guerre au Liban, Laura el-Khazen Lahoud découvrait le plaisir d’une vie ordinaire : marcher, visiter un musée, écouter un concert, aller à la plage. Sa famille y louait un appartement chaque été, et la ville est devenue un lieu familier, peuplé de rencontres et de découvertes. En recevant les insignes de chevalière de l’ordre du Mérite de la République italienne, la ministre du Tourisme a puisé dans ces souvenirs pour raconter une relation avec l’Italie qui, au fil des années, s’est inscrite dans la vie culturelle libanaise.

Remise par l’ambassadeur d’Italie au Liban, Fabrizio Marcelli, au nom du président Sergio Mattarella, cette distinction salue son engagement en faveur des liens entre les deux pays et sa conviction que la musique, la culture et l’hospitalité ouvrent des espaces de dialogue.

De ses étés vénitiens, Laura Lahoud garde notamment l’enseignement du photographe Fulvio Roiter, connu pour ses images de la Sérénissime, mais qui avait également porté son regard sur le Liban. « Il m’a appris à regarder, à cadrer, à décider de ce qui devait entrer dans l’image », a-t-elle raconté. Une leçon qu’elle applique encore à son pays : « Vivre ici exige de voir l’ensemble du tableau, aussi dures que soient certaines réalités, tout en conservant la capacité de discerner ce qui est beau, précieux et mérite d’être protégé. » Dans ce cadre coexistent les souffrances, les paysages, l’humour, le talent et l’ambition des Libanais.

La musique ramène naturellement à sa mère, Myrna Boustani, fondatrice du Festival international al-Bustan en 1994. Le Liban sortait à peine de la guerre civile ; une grande partie de sa vie culturelle restait à reconstruire. Lancer un rendez-vous international consacré à la musique classique demandait alors du courage et une certaine liberté à l’égard de ceux qui jugeaient le projet irréaliste. « Pour ma mère, c’était une contribution au Liban, à un moment où le pays avait besoin de raisons de croire à nouveau en lui-même. »

L’Italie a très tôt pris part à cette aventure. Katia Ricciarelli, Salvatore Accardo, Giovanni Sollima ou Ottavio Dantone figurent parmi les artistes accueillis au festival. Au fil des éditions, les concerts ont fait naître des amitiés et des collaborations durables, parfois entretenues dans des circonstances où venir au Liban supposait un véritable engagement. Laura Lahoud a réservé une évocation particulièrement chaleureuse au chef Gianluca Marcianò, dont le nom est devenu indissociable d’al-Bustan. À force d’apprendre la souplesse, l’imagination et la persévérance qu’exige la vie artistique dans le pays, il serait, selon elle, devenu « en partie libanais ».

Ces échanges nourrissent sa vision de la Méditerranée, qu’elle décrit comme une « scène commune », où chaque peuple apporte sa voix et ses traditions. À Baalbeck, cette histoire partagée prend une forme tangible : un visiteur italien découvre, dans la Békaa, des temples romains façonnés aussi par les traditions locales. « Nous parlons de patrimoine italien et de patrimoine libanais, mais à Baalbeck, comme dans bien d’autres sites du pays, ils appartiennent à la même histoire. » Le chapiteau romain choisi par Myrna Boustani comme emblème d’al-Bustan en porte, sur chaque affiche et chaque programme, la trace discrète.

Ses fonctions de ministre du Tourisme donnent aujourd’hui une autre portée à ces liens. Laura Lahoud a évoqué la fragilité d’une reprise qui se lit dans les avions remplis, les réservations, le retour de la diaspora et l’activité des hôtels et des restaurants, mais qu’une dégradation sécuritaire peut interrompre en quelques jours. Elle a salué l’engagement durable de l’Italie, de la diplomatie à la coopération économique, de sa participation à la Finul à son soutien à l’armée libanaise.

Au terme de son discours, la reconnaissance reçue réunissait ainsi plusieurs fils de son parcours : les étés d’enfance, l’apprentissage du regard, l’œuvre de sa mère et les musiciens devenus des amis. Une histoire personnelle dont elle tire une conviction pour les deux rives : « Se détourner les uns des autres n’a jamais protégé personne sur cette mer. Aller les uns vers les autres nous sert depuis trois mille ans. »

À Venise, pendant les années de guerre au Liban, Laura el-Khazen Lahoud découvrait le plaisir d’une vie ordinaire : marcher, visiter un musée, écouter un concert, aller à la plage. Sa famille y louait un appartement chaque été, et la ville est devenue un lieu familier, peuplé de rencontres et de découvertes. En recevant les insignes de chevalière de l’ordre du Mérite de la République italienne, la ministre du Tourisme a puisé dans ces souvenirs pour raconter une relation avec l’Italie qui, au fil des années, s’est inscrite dans la vie culturelle libanaise.Remise par l’ambassadeur d’Italie au Liban, Fabrizio Marcelli, au nom du président Sergio Mattarella, cette distinction salue son engagement en faveur des liens entre les deux pays et sa conviction que la musique, la culture et l’hospitalité ouvrent des...