Des femmes iraniennes volontaires suivant un entraînement militaire dans un centre de formation pour citoyens ordinaires, sur la place Imam Hussein au centre de Téhéran (Iran), le 4 octobre 2026. Photo Majid Asgaripour/WANA (West Asia News Agency) via Reuters
L'Iran a exécuté lundi deux hommes pour leur implication présumée dans la mort de quatre policiers lors des manifestations antigouvernementales du début d'année, a annoncé le pouvoir judiciaire.
« Alireza Sepahi et Alireza Raïssi ont été pendus ce matin après la confirmation du verdict par la Cour suprême », a indiqué Mizan, le média officiel de la justice iranienne, qui n'a précisé ni leur date d'arrestation ni la date de leur procès.
Le pouvoir judiciaire les accuse du meurtre de quatre policiers à Ispahan (centre) durant la contestation déclenchée en décembre, d'abord à Téhéran pour des revendications d'ordre économique avant de s'étendre à l'ensemble du pays.
Le mouvement s'était rapidement mué en manifestations contre le pouvoir avec un pic les 8 et 9 janvier, marqué par des dégradations d'une ampleur inédite et de nombreux morts.
Les autorités ont reconnu plus de 3 000 morts, dont des centaines de forces de l'ordre, dans des violences qu'elles imputent à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël.
Des ONG basées à l'étranger, qui donnent des bilans bien plus élevés, affirment pour leur part que les forces de sécurité ont tiré délibérément sur les manifestants.
Le tribunal avait condamné à mort les deux hommes, dont l'âge n'a pas été précisé, « pour appartenance à un groupe armé, et atteinte à la sécurité nationale », a précisé l'agence Mizan.
Le nombre d'exécutions en Iran a augmenté depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre Téhéran. Un grand nombre de ces exécutions sont liées aux manifestations.
Selon Amnesty International, l'Iran est le deuxième pays au monde qui exécute le plus de personnes, après la Chine.
En 2025, les autorités ont exécuté au moins 1 639 personnes, un record depuis 1989, selon les ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), dont le siège est à Paris.
Samedi, la justice iranienne a annoncé l'exécution d'un autre homme reconnu coupable d'avoir fait usage d'une arme contre des policiers lors de ces mêmes manifestations.