Un portrait du président syrien Bachar al-Assad déchiré à Alep, dans le nord de la Syrie, le 30 novembre 2024. AFP/Omar HAJ KADOUR
Le commissaire du gouvernement près du Tribunal militaire, Claude Ghanem, a engagé des poursuites, jeudi, contre douze personnes impliquées dans l’affaire du réseau proche de l’ancien régime syrien de la famille Assad, démantelé début septembre, et les a déférées devant la première juge d’instruction militaire, Ghada Abou Alouane.
Impliqué dans un projet d’attaques sur le littoral syrien, ce réseau aurait acheminé à travers la frontière libano-syrienne, dans le Nord du Liban, des personnes et des armes destinées à être exploitées dans un camp d’entraînement militaire situé dans la Békaa. Il serait dirigé depuis la Russie par un ex-officier de l’ancien régime syrien, tandis qu’un responsable du Hezbollah, surnommé Abou Ala’, aurait supervisé le camp d’entraînement. Faisant l’objet d’un mandat de recherche lancé la semaine dernière par le chef du parquet de cassation, Ahmad Rami el-Hajj, Abou Ala’ est toujours en fuite, tout comme six autres personnes poursuivies pour « terrorisme » par le juge Ghanem, et dont la plupart ne sont identifiées que par leurs surnoms, notamment Hajj Abou Hussein et Hajj Samer.
Au moins l’une de ces personnes, surnommée « Nouri le Syrien », serait un ressortissant syrien. Les cinq autres également poursuivies et présumées affiliées au réseau ont déjà été arrêtées au début du mois courant, parmi lesquelles un colonel des services de renseignement de l’ancien régime, et deux frères libanais : l’un d’eux, un agent de la Sécurité de l’État ayant fait partie de la garde rapprochée d’un député, et l’autre, un ancien agent des Forces de sécurité intérieure (FSI) révoqué il y a quelques années. Selon nos informations, le garde de corps du député n’est, à ce stade, poursuivi que pour « violation des consignes militaires ».
Dans les faits, des hommes travaillant avec son frère dans un verger dont celui-ci avait la charge, s’étaient rendus à son domicile pour lui dire que leur employeur semblait avoir été kidnappé. L’agent de la Sécurité de l’État leur aurait alors indiqué qu’il a été arrêté par les forces de sécurité, ce qui aurait conduit les travailleurs à lui conseiller de se montrer prudent, supputant que les forces sécuritaires pouvaient se rendre dans un dépôt situé dans le verger et saisir des armes qui y étaient entreposées. L’agent de la Sécurité de l’État aurait alors jeté ces armes dans un fleuve. Un acte qui constitue une infraction, son auteur n’étant pas habilité à le commettre sans l’autorisation de la direction de la Sécurité de l’État, indique à L'Orient-Le Jour une source judiciaire.