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Dernières Infos - Diplomatie

Cinq pays européens avancent dans la mise en place de « hubs de retours » pour migrants déboutés


Des migrants font un signe de la main après être montés à bord d'un canot pneumatique avant de quitter la côte du nord de la France pour tenter de traverser la Manche et rejoindre la Grande-Bretagne, depuis la plage de Petit-Fort-Philippe à Gravelines, près de Calais, en France, le 23 mai 2026. Photo d'archives REUTERS/Dylan Martinez

Le Danemark, l'Autriche, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce ont franchi vendredi une première étape vers la création de centres de retour pour les migrants déboutés, avec l'objectif de conclure un accord avec un pays tiers début 2027.

« Vers le Nouvel An, nous espérons être parvenus à un accord de principe avec un pays partenaire situé en dehors de l'Union européenne » pour l'installation d'un « hub de retour », a déclaré le ministre danois des Migrations Morten Bødskov, dont le pays est prêt à renvoyer des migrants déboutés de l'asile dès l'année prochaine.

Ces hubs pourraient accueillir les demandeurs d'asile déboutés qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays d'origine.

Aucune mention du pays pressenti n'a été faite pendant la conférence de presse organisée dans la capitale danoise. Pour l'instant, l'Ouganda et surtout le Rwanda sont considérés comme des destinations possibles.

Le Rwanda a confirmé en août avoir entamé des « discussions préliminaires » avec plusieurs États européens, sans préciser lesquels.

« Moqué »

Un précédent gouvernement danois avait engagé des négociations directes avec ce pays avant d'y renoncer pour trouver une solution européenne.

« Lorsque nous avons lancé ce débat, il n'était pas partagé par tout le monde. On s'en est moqué, on disait que c'était totalement irréaliste, et on affirmait aussi que c'était en conflit direct avec toutes les obligations internationales qui sont les nôtres », a rappelé M. Bødskov.

« Et aujourd'hui, nous en sommes là », s'est-il félicité.

Les cinq pays ont assuré que ce modèle contribuerait à rendre le système migratoire plus « humain ».

D'après ses principes-cadres, il « sera également un outil pour briser le modèle économique de cyniques passeurs de migrants qui exploitent des personnes vulnérables risquant leur vie lors de voyages périlleux vers l'Europe ».

Ces centres de retour ne sont pas des « camps », a assuré M. Bødskov. « Il s'agit d'offrir une nouvelle chance aux migrants en situation irrégulière qui ne peuvent pas retourner aujourd'hui dans leur pays d'origine et qui n'ont aucun fondement juridique pour rester dans notre pays », a-t-il dit.

A son arrivée à la réunion, le ministre grec des Migrations et de l'Asile, Thanos Plevris, a confirmé que « des discussions (avaient) déjà eu lieu avec différents pays hors UE, qui en sont à un stade avancé ».

Le Parlement européen a approuvé en juin un règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d'asile, incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords afin d'installer des centres de rétention hors des frontières de l'Union.

Droits humains respectés ?

Ce règlement, destiné à accélérer les expulsions, suscite les inquiétudes de défenseurs des droits humains.

Le Conseil de l'Europe, institution basée à Strasbourg et vigie des droits humains sur le continent, a envoyé des lettres aux commissaires chargés de la politique migratoire de ces cinq pays de l'UE, leur soumettant des recommandations pour lever les potentielles atteintes aux droits humains liés à ces centres.

La législation n'a d'ailleurs pas fait l'unanimité au sein des 27. Le président français Emmanuel Macron l'a jugée inefficace et non conforme aux valeurs de l'Europe.

« Nous sommes en train de transformer la politique d'asile et de migration de l'UE », a salué le ministre danois.

Mais pour l'eurodéputée écologiste Melissa Camara, « la réunion qui s'est tenue à Copenhague marque une étape de plus dans le renoncement aux valeurs fondamentales de l'Union européenne et au bafouement de la dignité des personnes exilées ».

« Les tentatives précédentes de créer des centres de renvoi sous diverses formes se sont révélées extraordinairement coûteuses, engluées dans des obstacles administratifs et juridiques, et n'ont finalement pas réussi à influer sur les décisions et les comportements des demandeurs d'asile et des migrants en situation irrégulière », a pour sa part relevé l'ONG Danish Refugee Council.

Le Royaume-Uni a dû abandonner un dispositif similaire qui prévoyait d'expulser vers le Rwanda des migrants en situation irrégulière, tandis que les centres gérés par l'Italie en Albanie se sont heurtés à des recours juridiques et à une mise en œuvre lente.

Le Danemark, l'Autriche, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce ont franchi vendredi une première étape vers la création de centres de retour pour les migrants déboutés, avec l'objectif de conclure un accord avec un pays tiers début 2027.« Vers le Nouvel An, nous espérons être parvenus à un accord de principe avec un pays partenaire situé en dehors de l'Union européenne » pour l'installation d'un « hub de retour », a déclaré le ministre danois des Migrations Morten Bødskov, dont le pays est prêt à renvoyer des migrants déboutés de l'asile dès l'année prochaine.Ces hubs pourraient accueillir les demandeurs d'asile déboutés qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays d'origine.Aucune mention du pays pressenti n'a été faite pendant la conférence de presse organisée dans...