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Culture - Prix Littéraires

Goncourt 2026 : voici la première sélection

« La maison vide » de Laurent Mauvignier, prix Goncourt 2025. Photo AFP

Les romans de Philippe Jaenada, Anne Godard, Lilia Hassaine et Thélyson Orélien figurent parmi les 16 ouvrages de la première sélection du prix Goncourt, annoncée hier par l’Académie Goncourt. La plus prestigieuse récompense littéraire française sera décernée le 3 novembre.

Composée de livres signés par neuf hommes et sept femmes, cette première liste témoigne de la diversité de la rentrée littéraire et ne laisse encore émerger aucun favori incontestable.

La critique a notamment remarqué Nous aussi (Actes Sud), dans lequel Anne Godard ausculte une grande famille parisienne privilégiée, soudée par un « nous » étouffant jusqu’à ce que les secrets et les violences enfouis fissurent son apparente unité.

Dans JE (Gallimard), Lilia Hassaine redonne une voix et une histoire à Antoinette Cosway, la première épouse de Rochester dans Jane Eyre de Charlotte Brontë, et retrace sa lente descente dans l’emprise et l’enfermement.

La Mauricienne Ananda Devi déploie, avec Chronique d’un royaume perdu (Grasset), une fresque traversant quatre générations dans un village isolé de l’île Maurice, depuis l’époque de l’esclavage, où le réel, la magie, la violence et la mémoire collective s’entremêlent.

Déjà remarqué au Québec, le premier roman de l’écrivain haïtien installé au Canada Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset), suit l’odyssée de Jonas Dorléon, un professeur contraint de fuir Port-au-Prince et de traverser le continent américain dans l’espoir d’atteindre le Canada.

Également primo-romancier, Olivier Grondeau revient, dans Joseph dans la nuit (L’Iconoclaste), sur sa détention en Iran et sur les ressources que la poésie, la musique, les souvenirs et l’imaginaire lui ont offertes pour résister à l’isolement.

Plusieurs écrivains confirmés complètent cette sélection. Fidèle à ses contre-enquêtes littéraires, Philippe Jaenada rouvre dans L’Inconnue du quai de Javel (Flammarion) le dossier du meurtre jamais élucidé de Louise Cansot, modèle très recherché par les peintres de Montparnasse, dont le corps avait été retrouvé à Paris en 1949.

Dans La solitude des professeurs est infinie (Gallimard), Yannick Haenel accompagne les débuts de Jean Deichel, jeune professeur de français dans un collège de la banlieue parisienne, confronté à la violence de l’école autant qu’à la beauté fragile de la transmission.

Olivier Rolin fait quant à lui de Troie la matrice de toutes les cités détruites dans La Guerre éternelle (Gallimard), une méditation qui relie le récit homérique aux villes martyrisées par les conflits jusqu’à l’époque contemporaine.

Ampleur géographique des récits

Au-delà de la variété des générations et des parcours, cette sélection se distingue par l’ampleur géographique de ses récits. De l’île Maurice à Haïti, des routes migratoires d’Amérique aux prisons iraniennes, en passant par la Jamaïque coloniale, la banlieue parisienne et les ruines de Troie, les livres déplacent le regard bien au-delà de l’Hexagone. Plusieurs interrogent également la manière dont l’intime est façonné par les violences collectives : esclavage, exil, enfermement, patriarcat, guerre ou silence familial. Cette diversité de territoires, de voix et de formes contribue à rendre la compétition particulièrement ouverte.

Gallimard place au total quatre romans parmi les 16 titres retenus, tandis que Grasset en compte deux, pour la dernière rentrée littéraire préparée par son ancien PDG Olivier Nora.

Les membres de l’Académie Goncourt réduiront cette première liste à huit ouvrages le 6 octobre, puis désigneront les quatre finalistes le 27 octobre. Le prix sera attribué le 3 novembre au restaurant Drouant, dans le centre de Paris, selon une tradition désormais séculaire. Son lauréat reçoit symboliquement un chèque de dix euros, mais bénéficie généralement d’un spectaculaire essor des ventes.

En 2025, la récompense avait été attribuée à Laurent Mauvignier pour La Maison vide (Minuit), écoulé depuis à plus de 630 000 exemplaires, selon les données de NielsenIQ publiées par Livres Hebdo.

Cette première sélection intervient moins d’un mois après la disparition, le 5 août, de Didier Decoin, ancien président et membre illustre de l’Académie Goncourt.

Rédaction et AFP

Les romans de Philippe Jaenada, Anne Godard, Lilia Hassaine et Thélyson Orélien figurent parmi les 16 ouvrages de la première sélection du prix Goncourt, annoncée hier par l’Académie Goncourt. La plus prestigieuse récompense littéraire française sera décernée le 3 novembre. Composée de livres signés par neuf hommes et sept femmes, cette première liste témoigne de la diversité de la rentrée littéraire et ne laisse encore émerger aucun favori incontestable. La critique a notamment remarqué Nous aussi (Actes Sud), dans lequel Anne Godard ausculte une grande famille parisienne privilégiée, soudée par un « nous » étouffant jusqu’à ce que les secrets et les violences enfouis fissurent son apparente unité.Dans JE (Gallimard), Lilia Hassaine redonne une voix et une histoire à Antoinette Cosway, la...
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