Le logo de l'AIEA est visible devant le siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 5 juin 2026. REUTERS/Elisabeth Mandl/Photo d'archive
Les infrastructures découvertes à Deir Ezzor en Syrie sont « conformes à celles d'un réacteur nucléaire », indique l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans un rapport confidentiel consulté par l'AFP mardi, qui souligne que ces activités menées sous le régime de Bachar el-Assad n'avaient jamais été déclarées.
Des inspecteurs de l'AIEA ont visité le mois dernier deux sites, l'un à Deir Ezzor et l'autre en un deuxième lieu lié à des matières nucléaires identifiées par le pouvoir syrien.
« Sur la base des informations fournies par la Syrie et des résultats des activités de vérification menées par l'Agence en plusieurs lieux en Syrie, l'Agence est en mesure d'établir que les anciennes autorités syriennes ont manqué à leur obligation de déclarer des matières, des installations et des activités nucléaires », écrit le gardien de la sûreté nucléaire de l'ONU dans ce rapport.
Outre le « réacteur nucléaire en construction », l'AIEA a recensé une usine de fabrication de combustible nucléaire destiné au réacteur, ainsi qu'un lieu de stockage et des déchets d'uranium.
Dans le rapport, le directeur de l'AIEA, Rafael Grossi, salue « la transparence et la coopération de la Syrie avec l'agence ».
« La Syrie a pris des mesures pour remédier à la situation en fournissant à l'agence les rapports requis de comptabilité des matières nucléaires et les informations de conception pour les installations mentionnées », ajoute encore le rapport.
73 tonnes d'uranium naturel
Le 18 août, l'AIEA et les autorités syriennes avaient annoncé la découverte de « quelques tonnes de matières nucléaires » sur un site « non déclaré », « héritage de l'ancien régime », signalé en juillet par les autorités de Damas.
Dans son rapport consulté mardi, l'AIEA indique avoir trouvé environ 73 tonnes d'uranium naturel, comprenant 55 tonnes de barres de combustible et le reste sous forme de déchets.
Le site de Deir Ezzor, dans l'est du pays, est fermé depuis 18 ans.
Israël a reconnu en 2018 l'avoir bombardé onze ans plus tôt, affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en construction.
En 2008, moins d'un an après la frappe, des responsables américains avaient accusé la Syrie d'avoir cherché à construire un réacteur nucléaire secret, indiquant qu'Israël l'avait détruit lors du raid.
L'AIEA avait à son tour déclaré en 2011 que le site était « très probablement » un réacteur nucléaire, construit selon elle avec l'aide de la Corée du Nord.
L'AIEA avait annoncé l'année dernière avoir découvert des particules d'uranium sur le site lors d'une inspection en 2024.
La visite de M. Grossi a eu lieu après que le média américain Axios a rapporté des propos de responsables américains et israéliens indiquant que Washington et l'AIEA avaient conclu un accord prévoyant le retrait par l'agence de matières nucléaires entreposées sur un site clandestin en Syrie, après avoir « trouvé des terrains d'entente avec la Syrie et Israël ».
L'AIEA, dont le conseil des gouverneurs se réunit la semaine prochaine à Vienne, où se trouve son siège, a précisé mardi qu'elle allait « continuer de surveiller les activités sur le site » en cours d'excavation.


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