Un Kurde irakien brandit un drapeau à l'effigie d'Abdullah Öcalan, fondateur du PKK, lors d'un rassemblement au parc de la Liberté, dans la région autonome du Kurdistan irakien, le 27 février 2025. Photo : Shwan Mohammad/AFP
Le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, devrait jouer « un rôle actif » dans le processus du désarmement des combattants, étape majeure du processus de paix visant à mettre fin à plus de quatre décennies de guérilla, a affirmé mercredi le député Mithat Sancar.
« Nous attendons que M. Öcalan joue un rôle actif » au sein de la commission dédiée au désarmement, créée pour la mise en oeuvre d'une loi adoptée mi-août et ouvrant la voie à la réintégration des combattants kurdes, a déclaré M. Sancar, membre de la délégation qui rend régulièrement visite au leader kurde, lors d'une rencontre avec des journalistes organisée mercredi à Ankara. « Il doit occuper une position et un rôle bien défini au sein de cette commission et exercer une fonction d'orientation », a-t-il ajouté. Mais les modalités de la participation du chef du PKK, emprisonné depuis 1999, aux travaux de la commission restent toutefois à définir, tandis que ses conditions de détention demeurent inchangées, selon M. Sancar. « Nous tenons nos réunions dans une nouvelle salle, mais M. Öcalan est toujours détenu au même endroit. (...) Or ses conditions de travail et de vie devraient être adaptées. (...) Il devrait pouvoir communiquer directement avec le public. Il n'existe cependant pas encore de plan concret à ce sujet », a-t-il précisé.
M. Öcalan, détenu à l'isolement sur une île-prison au large d'Istanbul, avait appelé l'an passé les combattants du PKK à déposer les armes, répondant à la main tendue d'un proche allié du président turc Recep Tayyip Erdogan. La direction du PKK avait annoncé dans la foulée sa dissolution, avant de procéder quelques semaines plus tard à une très symbolique cérémonie de dépôt d'armes, en juillet 2025, dans le nord de l'Irak, où des combattants « en nombre limité » restent retranchés, selon Ankara.
Quelque 3.500 personnes détenues dans les prisons turques pour des faits liés au PKK pourraient être libérées, la loi adoptée en août prévoyant de suspendre les poursuites et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions, selon les médias turcs. La portée de la loi dépasse pourtant le seul cadre des combattants, a rappelé l'ancienne co-présidente du parti prokurde, Gulten Kisanak. « En cinquante ans de conflit, des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d'enquêtes ont été ouvertes en lien avec le PKK. Un nombre considérable de personnes pourront donc bénéficier de cette loi », a-t-elle précisé. « Nous espérons que le travaux nécessaires seront achevés au plus vite pour que cette loi puisse être mise en œuvre d'ici deux mois », a-t-elle ajouté.

