Des soldats taïwanais transportent des réserves de carburant vers des hélicoptères AH-64E Apache Guardian et UH-60M Black Hawk lors d'un exercice de ravitaillement organisé dans le cadre de l'exercice militaire annuel « Han Kuang », à Taoyuan, le 11 août 2026. (Photo : I-Hwa Cheng / AFP)
Taïwan a condamné mardi soir un projet de manœuvres maritimes conjointes entre la Chine et l'Indonésie prévues prochainement dans ses environs, une « provocation militaire », de l'avis de Taipei. Cette déclaration intervient alors que Taïwan mène ses exercices militaires annuels jusqu'à vendredi, pour préparer ses habitants à une éventuelle invasion chinoise.
La Chine considère l'île de 23 millions d'habitants comme l'une de ses provinces et a menacé de recourir à l'usage de la force pour en prendre le contrôle. Pékin déploie quasi quotidiennement navires, avions de chasse et garde-côtes autour de Taïwan, revendiquant ainsi sa souveraineté, rejetée par Taipei. Dans ce contexte, le ministère chinois de la Défense a annoncé mardi qu'un de ses navires de guerre et une frégate indonésienne se livreraient à un exercice à l'est de Taïwan mi-août pour « améliorer les capacités opérationnelles conjointes des deux marines » et « garantir conjointement la paix et la stabilité régionales ». De quoi faire bondir Taïwan, qui a « condamné fermement cette provocation militaire » du Parti communiste chinois (PCC), dans un communiqué de son Conseil des affaires continentales, chargé des relations avec Pékin. « Cette action, en réalité (...) a pour objectif de donner pour fausse impression à la communauté internationale que le PCC a juridiction sur les eaux à l'est de Taïwan, et porte ainsi atteinte à notre souveraineté nationale et à nos droits et intérêts maritimes », ajoute le texte.
Le porte-parole de la marine indonésienne a précisé mercredi que sa frégate conduirait « des exercices de passage » sur son trajet de retour en Indonésie depuis le port russe de Vladivostok (est), ce qui désigne des manœuvres avec une marine étrangère à l'occasion du croisement de leurs navires. « Les exercices de passage ne constituent pas par nature des opérations de combat, mais une tradition navale universelle lorsque l'on passe dans les eaux territoriales d'un pays », a déclaré le porte-parole, sans mentionner ni la Chine ni Taïwan.
En juin, déjà, Taipei avait jugé « provocatrice » une autre opération maritime menée par la Chine dans les eaux à l'est de l'île, y constatant un « expansionnisme déguisé ». Les garde-côtes avaient alors contacté par radio des cargos des environs pour recueillir des informations sur leur équipage et leur destination.

