Un Palestinien en deuil portant le corps de la fillette Rateel al-Balawi, tuée par une frappe israélienne sur une tente, lors de ses funérailles à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 juillet 2026. Photo Ramadan Abed/Reuters
Au moins trois personnes ont été tuées jeudi par de nouveaux bombardements israéliens contre la bande de Gaza, dont deux enfants, ont indiqué des sources médicales à Reuters, alors que des médiateurs tenaient de nouvelles discussions avec des dirigeants du Hamas afin de progresser vers la mise en œuvre complète du plan de paix pour Gaza négocié sous l’égide des États-Unis.
Selon des secouristes, une frappe israélienne s'est abattu sur une tente dans un camp de déplacés à Khan Younès, dans le sud de l’enclave, tuant un homme et une fillette de huit ans, nommée Rateel al-Balawi.
Dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre du territoire assiégé, une autre frappe israélienne a touché une maison, tuant un enfant de 18 mois et blessant au moins huit personnes, selon les secours.
Une troisième attaque de drone a tué une quatrième personne, et fait sept blessées, également dans un camp de déplacés à Gaza- ville, en face du Centre Qattan pour l'enfance, rapporte Al Jazeera. Une quatrième frappe a enfin visé une personne qui circulait à vélo électrique dans la rue Jalaa, à Gaza-ville, précise le média qatari, citant ses correspondants locaux.
L’armée israélienne a affirmé avoir mené deux frappes visant des combattants du Hamas.
Ces quatre nouveaux meurtres viennent s'ajouter aux 1 209 Palestiniens, en majorité des civils, ayant été tués dans des attaques israéliennes depuis l’entrée en vigueur d'un « cessez-le-feu » le 10 octobre 2025, auxquels s'ajoutent 3 943 blessés, selon le dernier bilan publié par le ministère de la Santé de Gaza.
La trêve a mis fin aux bombardements et aux avancées terrestres à grande échelle de l'armée israélienne, mais pas aux frappes de drone quasi quotidiennes. Quatre soldats israéliens ont été tués par des combattants dans la bande de Gaza au cours de la même période.
Au total, au moins 73 335 Palestiniens ont été tués et 174 052 autres ont été blessées depuis le début de l'offensive génocidaire d'Israël contre l'enclave, lancée à la suite de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Discussions au Caire
Au Caire, des dirigeants du Hamas tenaient des discussions avec des médiateurs égyptiens, qataris et turcs sur la mise en œuvre de la deuxième phase du plan pour Gaza du président Donald Trump, tel qu’il leur a été présenté par son Conseil de paix, chargé d’en superviser l’application.
Ce plan prévoit une augmentation massive de l’aide humanitaire, l’administration du territoire par une autorité civile palestinienne, le désarmement du Hamas, le retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza et le déploiement d’une force internationale chargée de contribuer au maintien de la sécurité.
Mais les progrès sont au point mort depuis plusieurs mois.
Jeudi, un responsable du Hamas a affirmé que le mouvement présenterait une réponse « positive et satisfaisante », sans toutefois préciser s’il avait accepté un désarmement complet, l’un des principaux points de blocage des négociations depuis quatre mois.
Le Hamas réclame qu’Israël s’engage à mettre fin aux attaques contre Gaza et à retirer ses forces.
Des sources proches du mouvement ont indiqué qu’il était disposé à « confiner et entreposer » ses armes lourdes sous le contrôle d’un organisme palestinien, plutôt que de les remettre à Israël. Le Hamas n’a pas commenté cette information.
Le sort des armes légères ou individuelles reste également incertain, tout comme la possibilité que cette nouvelle position du Hamas soit acceptée par Israël et par le Conseil de paix.
Le Conseil de paix n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat aux sollicitations de Reuters sur les discussions du Caire.
Israël exige que le Hamas abandonne totalement le pouvoir à Gaza et se désarme intégralement. Le mouvement islamiste a dissous le mois dernier le gouvernement de facto de Gaza, mais a maintenu un organisme intérimaire chargé d’assurer la continuité des services essentiels à la population.
Israël contrôle de fait environ 64 % de l’étroite bande côtière de Gaza, largement réduite en ruines par deux années d’offensive militaire israélienne déclenchée après l’attaque du Hamas dans le sud d’Israël en 2023.
La quasi-totalité des deux millions d’habitants de Gaza vit désormais sur une étroite bande de terre le long de la côte, principalement dans des tentes de fortune ou des bâtiments endommagés, dans des conditions de vie extrêmement difficiles, dans des zones sous le contrôle du Hamas.

