Les costumes de « Carmen », dont la conception et la réalisation ont associé les participantes au programme porté par le festival de Baalbeck et l’Unesco. Photo Festival de Baalbeck
De la confection des costumes de Carmen à la production d’événements, en passant par l’animation d’ateliers artistiques, plusieurs femmes ont été associées, en 2025, aux coulisses du Festival international de Baalbeck. Mené en partenariat avec l’Unesco, le projet « Autonomiser les femmes au Festival de Baalbeck » entendait leur ouvrir un accès plus large aux métiers de la culture, notamment dans les fonctions techniques, managériales et décisionnelles, où elles restent encore minoritaires.
Entre mai et septembre 2025, des participantes ont suivi un parcours associant formation artistique, mentorat et immersion au cœur de l’organisation du festival. Selon le Festival de Baalbeck, cette expérience devait leur permettre d’acquérir des compétences techniques et artistiques tout en favorisant leur insertion dans un secteur où les femmes restent peu représentées, en particulier dans les métiers de la production, de la régie, de la scénographie ou de la gestion culturelle. Le rapport souligne que cette réalité dépasse le seul festival et reflète les inégalités persistantes au sein du secteur culturel libanais. « En développant les compétences des participantes et en leur offrant des opportunités de leadership, l’initiative contribue à promouvoir l’égalité des genres, l’inclusion sociale et l’autonomisation économique », souligne le document.
À l’issue du projet, le Festival de Baalbeck et l’Unesco ont élaboré un Cadre stratégique sensible au genre pour la gestion de la culture, présenté comme une feuille de route destinée à intégrer l’égalité entre les femmes et les hommes dans la gouvernance, la programmation, la production et les partenariats des institutions culturelles. Fondé sur les principes d’équité, de participation et de diversité culturelle, ce cadre affirme que la sauvegarde du patrimoine « nécessite d’investir dans les personnes, d’élargir les opportunités et de garantir que les femmes disposent des compétences et des plateformes nécessaires pour façonner activement l’avenir culturel du Liban ».
Le document inscrit cette démarche dans les Objectifs de développement durable des Nations unies, en faisant référence à l’ODD 4 (éducation de qualité), à l’ODD 5 (égalité entre les femmes et les hommes) et à l’ODD 11 (villes et communautés durables). Il présente la culture comme « un moteur de l’éducation, de la cohésion sociale, de la résilience et du développement économique ».
Le rapport reconnaît toutefois plusieurs obstacles persistants, notamment le manque de confiance en elles de certaines participantes, qui a conduit quelques-unes à abandonner le programme, ainsi que les résistances sociales et les contraintes institutionnelles qui continuent de freiner l’accès des femmes aux métiers de la culture.
Le Festival de Baalbeck affirme vouloir faire de ce cadre stratégique « une référence » pour les institutions culturelles, les universités, les organisations de la société civile et les pouvoirs publics. Le document présente enfin cette initiative comme « l’aboutissement » de la collaboration engagée avec l’Unesco, mais aussi comme « le point de départ » d’un engagement appelé à se poursuivre lors des prochaines éditions du festival.
Le cadre stratégique complet est consultable sur le site du Festival international de Baalbeck
(www.baalbeck.org.lb).

