Un drapeau palestinien flotte parmi les tentes dans un camp de déplacés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza dévastée, le 19 juin 2026. Photo Eyad Baba/AFP
Le bureau de presse du gouvernement de la bande de Gaza, dirigé par le Hamas, a annoncé lundi dans un communiqué la dissolution de son administration, près de vingt ans après sa prise de pouvoir dans l'enclave palestinienne, ouvrant ainsi la voie à un comité technocratique chargé d'administrer le territoire.
« Le président du comité d'urgence du gouvernement, Mohammed al-Farra, a officiellement présenté sa démission », a déclaré à l'AFP Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas, ajoutant qu'il avait « décidé de dissoudre le comité afin de faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) », dirigé par Ali Chaath, et bloqué hors de Gaza depuis plusieurs mois. Ce comité a rapidement réagi à l'annonce du gouvernement, déclarant être prêt à administrer l'enclave. « Nous affirmons que le Comité national pour l'administration de Gaza est pleinement prêt à assumer ses responsabilités nationales dès que les ressources et les capacités nécessaires seront disponibles », a écrit sur X M. Chaath.
« Priver l'occupation de tout prétexte »
Le NCAG a été créé par le « Conseil de Paix », mis en place par le président américain Donald Trump, lors des négociations ayant précédé l'entrée en vigueur d'un « cessez-le-feu » théorique entre Israël et le Hamas à Gaza le 10 octobre 2025, depuis lequel 1 072 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, d'après le ministère de la Santé.
Cette décision, qui marque un tournant politique majeur près de 20 ans après la prise de pouvoir du Hamas dans l'enclave en 2007, doit paver la voie à une nouvelle gestion du territoire assiégé par un comité technocratique déjà formé, dont la mission est de garantir une représentation palestinienne dans les institutions de Gaza.
« Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination », a déclaré à l'AFP le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem. « Nous espérons que le Comité national pour l'administration de Gaza pourra entrer rapidement dans la bande de Gaza, et le Hamas réaffirme sa volonté de lui transférer les responsabilités gouvernementales afin d'assurer le succès de sa mission », a-t-il ajouté.
Un autre responsable du Hamas avait indiqué plus tôt à l'AFP que le mouvement avait déjà informé les autres factions palestiniennes de sa décision lors d'une récente réunion au Caire. « Les différentes factions ont salué la décision du Hamas, la qualifiant d'étape sérieuse permettant au Comité national d'assumer son rôle dans la gouvernance », a-t-il déclaré.
Dévastée par plus de deux ans de guerre génocidaire, à la suite de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, la bande de Gaza demeure assiégée par l'armée israélienne, qui occupe près de 70% de son territoire en dépit de la trêve d'octobre 2025.
Sa reconstruction représente un défi colossal, alors que les conditions de survie dans l’enclave ne cessent d'empirer avec la propagation de rongeurs et de maladies parasitaires, aggravée par la poursuite du blocus israélien sur l'aide humanitaire.



