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Moyen-Orient - Grand Angle

Rats, maladies cutanées, tonnes de décombres : Israël a rendu la bande de Gaza invivable

Les conditions de survie dans l’enclave dévastée par la guerre ont empiré avec la propagation de rongeurs et de maladies parasitaires, apogée du processus de déshumanisation de ses habitants par Israël.


Rats, maladies cutanées, tonnes de décombres : Israël a rendu la bande de Gaza invivable

Un enfant palestinien marche au milieu des décombres près d’un camp de déplacés à Nousseirat, dans le centre de Gaza, le 28 juin 2026. Photo Eyad Baba/AFP

Tapis à l’ombre des décombres, ils ont fait des maisons détruites par les bombes leur habitat. De là, ils se répandent en couinements dans les abris éphémères de toile et de nylon où survivent quelque deux millions de Palestiniens affamés, malades… et las. « Les rats se nourrissent des dépouilles restées sous les gravats. Ils se sont habitués à la chair humaine. Ils sont agressifs, je n’ai jamais vu une chose pareille », témoigne Issam Ghazal le 24 juin par messagerie WhatsApp. Chaque nuit, sa femme Rawand et lui se relaient pour rester éveillés dans l’espoir que leur petite fille Nour, âgée de 24 jours, échappe aux dents et aux griffes des rongeurs. Car dans les ruines de la bande de Gaza, dévastée par deux ans d’offensive israélienne en réponse à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, tenir 24 heures de suite sans souffrir d’une morsure de rat, attraper la gale ou contracter une autre maladie parasitaire est devenu une gageure.

Inchirah Hajjaj ne s’est pas réveillée quand un rat a dévoré deux de ses orteils il y a quarante jours. Ce n’est pas le sommeil qui l’a anesthésiée, mais la neuropathie diabétique qui l’empêche de sentir ses pieds. Diabétique depuis dix ans, la sexagénaire ne parvient plus depuis longtemps à se procurer de l’insuline. Plus de 1 800 établissements médicaux ont été partiellement ou totalement détruits par les bombardements israéliens, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile le 10 octobre 2025, les médicaments, comme le reste de l’aide humanitaire, peinent à passer les entraves kafkaïennes mises en œuvre par Israël, qui occupe la majorité des 365 kilomètres carrés de l’enclave. « Même si j’en trouvais, je ne pourrais pas payer la facture », assure Inchirah à travers la messagerie WhatsApp le 25 juin. L’injection d’insuline est passée de 8 à 12 dollars avant la guerre à entre 25 et 34 dollars, raconte un malade à al-Jazeera. Pour se la procurer, il faudrait travailler, mais son mari, qui souffre d’atrophie cérébrale, en est incapable. Sous la chaleur accumulée par la bâche de leur tente, les jours d’été s’étirent, lentes agonies. Les nuits, elles, sont hantées par les rongeurs, tapis sous le sable qui leur sert de plancher. « Au réveil, j’avais le pied en sang avec des blessures profondes au niveau des orteils », décrit-elle. Un mois de traitement a permis à Inchirah de se déplacer de nouveau. Mais l’effroi ne la quitte plus : qu’en sera-t-il la prochaine fois ?

« Je sais pourquoi les rats et les insectes pullulent »

La trêve entre Israël et le Hamas devait être suivie par la mise en place d’un plan de paix en 20 points proposé par le président américain Donald Trump et adopté par le Conseil de sécurité des Nations unies le 17 novembre. « Gaza sera réaménagée dans l’intérêt de la population de l’enclave, qui a déjà suffisamment souffert », prévoyait le deuxième point. Neuf mois plus tard, le seul réaménagement concret a été l’expansion de l’occupation militaire israélienne du territoire, passée de 53 % à 60 %. Le 28 mai, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré avoir donné l’ordre à l’armée israélienne de prendre le contrôle de 70 % de l’enclave. Lundi, le ministre des Finances, le suprémaciste Bezalel Smotrich, a affirmé qu’Israël était prêt à installer trois colonies dans le nord de Gaza et devrait s’emparer du reste du territoire de l’enclave. À l’heure actuelle, sur les 40 % restants, « 90 % des habitants vivent dans des camps de déplacés surpeuplés, un environnement propice à la propagation de maladies et de nuisibles », affirme Mohammad Abou Mosbeh, expert en santé publique indépendant basé à Gaza.

Un Palestinien se tient dans les ruines du camp de déplacés d’al-Mawassi, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, après une frappe israélienne, le 29 juin 2026. Photo Bashar Taleb/AFP
Un Palestinien se tient dans les ruines du camp de déplacés d’al-Mawassi, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, après une frappe israélienne, le 29 juin 2026. Photo Bashar Taleb/AFP

Inchirah tente de joindre les deux bouts dans l’un d’eux, nommé al-Jawazat, aménagé sur les ruines de la ville de Gaza. Cet ancien complexe des passeports et de l’immigration accueille désormais quelque 7 000 déplacés qui survivent dans des conditions inhumaines. « Je sais très bien pourquoi les rats et les insectes pullulent : nos toilettes ne sont séparées que par un rideau et deux cailloux », ajoutant des odeurs fétides à la chaleur suffocante, soupire-t-elle. Il a fallu patienter près d’une semaine pour échanger quelques phrases entrecoupées d’interférences. Car Inchirah n’a pas d’accès à internet. Elle a emprunté le téléphone de sa nièce, mais sa batterie était vide et elle a pris trois jours pour la charger. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 90 % des infrastructures énergétiques, y compris le réseau de distribution d’électricité, ont été détruites à Gaza, ainsi que 81 % des infrastructures liées aux technologies de l’information et de la communication, les 19 % restants ayant été endommagés. Depuis le 7 octobre 2023, les journalistes étrangers sont interdits d’accès à Gaza par Israël et, en parallèle, plus de 220 journalistes palestiniens ont été tués par Israël à Gaza. Une hécatombe en cours : Ahmad Wishah, cameraman à al-Jazeera, a été tué dans un raid israélien le 20 juin, deux mois après son frère Mohammad, correspondant de la chaîne qatarie tué dans une frappe de drone. C’est donc à distance que L’OLJ a recueilli près d’une dizaine de témoignages sur la dégradation des conditions de vie à Gaza, envahie par les rats au lieu de devenir une « Riviera », comme le suggérait Donald Trump.

« On ne meurt pas de la gale mais du manque de soins »

Trêve ou pas, les Palestiniens de Gaza continuent de mourir. Les frappes israéliennes ont fait plus de 1 000 morts depuis le début du cessez-le-feu, le bilan humain s’élevant à plus de 73 000 tués, selon le ministère de la Santé de Gaza, depuis le début de cette guerre qualifiée de génocide par un nombre croissant d’organisations des droits humains. Une qualification réitérée par une commission d’enquête de l’ONU, le 23 juin, qui a accusé Israël de « cibler » les enfants. Selon l’Unicef, 265 d’entre eux ont été tués durant le cessez-le-feu. Mais ceux qui échappent aux bombes ne mènent pas une vie digne de ce nom, a déploré le 18 juin Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU. « Nous ne pouvons permettre que le comble de notre ambition et de notre volonté soit un monde dans lequel les enfants ont assez de calories pour survivre et éviter des bombardements constants, tout en ayant toujours faim, en étant mordus par les rats, sans abri et sans accès à l’école », a-t-il lancé. Fin avril, l’OMS a chiffré à plus de 70 000 le nombre d’infections cutanées telles que la gale, les poux et les punaises de lit. Plus de 80 % des camps de déplacés sont infestés de rongeurs ou d’autres nuisibles. « La conséquence malheureuse, mais prévisible, de conditions de vie dans un environnement totalement dévasté », a réagi Reinhilde Van de Weerdt, nouvelle représentante de l’agence dans les territoires palestiniens occupés.

Une conséquence létale. « On ne meurt pas de la gale mais du manque de soins, ou de l’absence d’identification d’une maladie qui peut provoquer un manque de soins adaptés », déplore Filipe Ribeiro, chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) pour la Palestine. Dans son rapport du 12 juin, l’OCHA avance que « les maladies ectoparasitaires et autres affections cutanées, ainsi que les diarrhées aqueuses aiguës, représentent respectivement 30,5 % et 20 % de la morbidité » à Gaza.

Une mère lave son fils avec les moyens du bord dans un camp de déplacés à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 28 juin 2026. Photo Eyad Baba/AFP
Une mère lave son fils avec les moyens du bord dans un camp de déplacés à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 28 juin 2026. Photo Eyad Baba/AFP

« Les rongeurs et les serpents se propagent dans les décombres et les maladies se répandent à cause de la présence d’eaux usées et de déchets dans les rues », résume Rafif, une travailleuse sociale déplacée à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Ses deux enfants se remettent à peine d’une diarrhée due à l’absence criante d’eau potable à Gaza. « On estime à 15 litres le seuil minimum nécessaire d’eau potable par personne quotidiennement. À Gaza, les habitants ne disposent que de six litres », alerte Filipe Ribeiro. Depuis plusieurs mois, Rafif détecte à vue d’œil la présence de maladies cutanées chez les enfants qu’elle rassemble dans une tente pour continuer à les éduquer malgré la destruction des écoles : « Ils souffrent de la variole, la varicelle ou la gale. On doit parfois les écarter du reste du groupe pour éviter qu’ils infectent leurs camarades », dit-elle. Selon l’OCHA, 88 % des équipements d’eau, assainissement et hygiène situés en surface et 76 % des infrastructures souterraines ont été détruits par les bombardements israéliens dans la bande de Gaza, ensevelie sous près de 57 millions de tonnes de débris. D’après plusieurs sources, seules deux excavatrices s’affairent à déblayer cet océan de gravats.

« Un choix délibéré »

« Pas d’électricité, pas d’eau, pas de nourriture, pas de carburant », martelait le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, le 9 octobre 2023, deux jours après l’opération meurtrière du Hamas en Israël. « Nous combattons des animaux humains, et nous agissons en conséquence », ajoutait-il. Un programme génocidaire qui montre l’étendue de ses dégâts aujourd’hui. « C’est un choix délibéré d’avoir ciblé l’ensemble des infrastructures civiles, que ce soit les écoles, les lieux de culte, les installations d’assainissement et les centres de santé. Le choix d’une politique qui vise à rendre la bande de Gaza inhabitable », estime Filipe Ribeiro. « Tout s’y passe désormais dans un même espace réduit », décrit-il : « C’est à la fois un champ de bataille, une fosse commune, des décharges publiques et un lieu de vie. Forcément, la situation sanitaire y est désastreuse. » Pour le chirurgien britanno-palestinien Ghassan Abu Sitta, qui a assisté aux premières loges à la destruction du système de santé de Gaza, Israël a mis en place « une écologie sociale, biologique et physique visant à ôter la vie aux Palestiniens » qu’il qualifiait de « biosphère du génocide » en mai 2025 lors d’une conférence à la School of Oriental and African Studies de Londres.

« Ils nous ont combattus avec tout, même avec les maladies », se lamente Sandes el-Farra le 25 juin. Âgée de 27 ans, cette Palestinienne élève seule ses trois enfants âgés d’un, quatre et sept ans depuis la disparition forcée de son mari le 6 août dernier, tandis qu’il cherchait de la farine pour nourrir sa famille à Khan Younès. Seule, elle tente de freiner l’avancée des nuisibles qui envahissent leur tente à al-Mawassi. « Les puces qui parasitent les rats se propagent, nous piquent et nous empêchent de dormir. Mon bébé a développé une allergie. Il pleure toute la nuit. Ma seule préoccupation est de m’en débarrasser pour pouvoir dormir », soupire-t-elle. La jeune femme admet que le combat est perdu d’avance. Le 23 juin, elle a acheté un insecticide. « Ça m’a coûté 70 shekels (environ 23 dollars, NDLR). Mais ils reviendront malgré tout, car il y a de véritables terriers sous nos tentes », décrit-elle.

Une jeune fille palestinienne fouille parmi les déchets après une frappe israélienne dans un centre de déplacés à Khan Younès, dans le sud de Gaza, le 30 juin 2026. Photo Ramadan Abed/Reuters
Une jeune fille palestinienne fouille parmi les déchets après une frappe israélienne dans un centre de déplacés à Khan Younès, dans le sud de Gaza, le 30 juin 2026. Photo Ramadan Abed/Reuters

Sous la photo d’un carton rempli d’insecticides, le Cogat se félicite le 24 juin sur X que « depuis le début du cessez-le-feu, 200 tonnes de pesticides et de pièges contre les nuisibles sont entrées dans la bande de Gaza, avec un seul objectif : répondre aux besoins humanitaires et sanitaires de la population civile ». L’organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles dans les territoires palestiniens occupés précise fournir « des articles qui ne sont pas considérés comme des biens à double usage » aux civils afin d’« améliorer leurs conditions de vie ». L’argument des biens à double usage, à la fois civil et militaire, est l’un des nombreux obstacles à l’aide humanitaire, regrette Filipe Ribeiro. « Nous sommes incapables d’identifier certaines bactéries véhiculées par les nuisibles faute de tests de laboratoire, car les réactifs sont limités, voire interdits d’entrée », dit-il. Les autorités israéliennes recourent souvent au prétexte du double usage pour interdire l’aide humanitaire, précise-t-il, mais « parfois, les rejets ne sont même pas motivés », poursuit l’humanitaire, qui évoque un arbitraire à tous les échelons entre le Cogat, les douanes et le point de passage de Kerem Shalom. MSF fait partie des 37 ONG interdites d’accès depuis le 1er janvier 2026 par Israël, si bien que l’ONG n’est plus autorisée à faire entrer du matériel médical et du personnel international dans l’enclave.

Une campagne de lutte contre les nuisibles « a déjà couvert près de 1 800 sites différents, conformément au plan élaboré conjointement par le Cogat et le Programme des Nations unies pour le développement », souligne le Cogat sur X le 25 juin. « Malgré cela, les maladies de la peau et les infections continuent d’augmenter », tempère l’OCHA dans son rapport du 12 juin. Forcées de se battre au quotidien pour contourner les entraves israéliennes, les organisations humanitaires en sont réduites à gérer la survie plutôt qu’accompagner la vie.

« C’est aussi un être vivant, même s’il est nuisible »

Régler de manière durable le problème des nuisibles impliquerait en effet d’octroyer aux Palestiniens de Gaza des conditions de vie dignes, résume Mohammad Abou Mosbeh. « Il s’agirait de faire entrer des machines excavatrices pour retirer les tonnes de décombres où les rongeurs pullulent et sous lesquelles reposent de nombreuses dépouilles mortelles, de faire entrer des tentes de meilleure qualité, de déplacer les déchets loin des habitants, de rénover les établissements de santé et de laisser entrer du matériel médical et du personnel qualifié », énumère-t-il. Or, depuis la création du « Conseil de la paix » en janvier 2026, l’absence totale d’avancée a permis un pourrissement de la situation qui, à terme, risque de rendre la vie à Gaza impossible.

Le 23 juin, « le nouveau chef du Conseil de sécurité nationale israélien, Shmuel Ben Ezra, a convoqué des responsables de la défense pour une réunion d’urgence consacrée à la question de ‘‘l’encouragement à l’émigration volontaire’’ des Palestiniens de la bande de Gaza », rapporte le Haaretz. Si le quotidien israélien rappelle que ce projet, qui constituerait une grave violation du droit international selon Amnesty International, bute sur l’incapacité d’Israël à leur trouver un pays d’accueil, les entraves à l’aide humanitaire et la poursuite des bombardements encouragent sans conteste les habitants à rêver d’ailleurs. « La situation est catastrophique, mais je n’ai pas les moyens de partir. Je suis obligée de m’adapter à la situation », soupire Rafif, à l’unisson de l’ensemble des Palestiniens interrogés. Mais combien de temps peut-on s’adapter à l’inhumain ?

Quatre rats tués par Leila el-Jdeily, une Palestinienne de 30 ans qui vit sous une tente avec ses deux enfants à al-Zawayda, dans le centre de la bande de Gaza. Photo Leila el-Jdeily
Quatre rats tués par Leila el-Jdeily, une Palestinienne de 30 ans qui vit sous une tente avec ses deux enfants à al-Zawayda, dans le centre de la bande de Gaza. Photo Leila el-Jdeily

Le 25 juin, Leila el-Jdeily envoie sur WhatsApp une photo de quatre rats étalés sur un mouchoir. A-t-elle utilisé du pesticide pour les tuer ? « Non, un bâton ! » dit la femme de 30 ans qui élève seule ses fils Fadi, neuf ans, et Mohammad, sept ans, lequel souffre de démangeaisons cutanées. « Ils étaient tous dans un même sac de riz », raconte-t-elle depuis un camp de déplacés à al-Zawayda, dans le centre de Gaza. Dans ce contexte apocalyptique, Sandes el-Farra, elle, parvient encore à ressentir de l’empathie pour ces petites bêtes qui rendent sa vie impossible, au point de se poser des questions d’une insondable humanité. « Parfois, un piège se referme et le rat est encore vivant. Ensuite, il meurt en essayant de se libérer. Je n’arrive pas à imaginer sa souffrance… C’est aussi un être vivant, même s’il est nuisible. Mais que peut-on faire ? »


Tapis à l’ombre des décombres, ils ont fait des maisons détruites par les bombes leur habitat. De là, ils se répandent en couinements dans les abris éphémères de toile et de nylon où survivent quelque deux millions de Palestiniens affamés, malades… et las. « Les rats se nourrissent des dépouilles restées sous les gravats. Ils se sont habitués à la chair humaine. Ils sont agressifs, je n’ai jamais vu une chose pareille », témoigne Issam Ghazal le 24 juin par messagerie WhatsApp. Chaque nuit, sa femme Rawand et lui se relaient pour rester éveillés dans l’espoir que leur petite fille Nour, âgée de 24 jours, échappe aux dents et aux griffes des rongeurs. Car dans les ruines de la bande de Gaza, dévastée par deux ans d’offensive israélienne en réponse à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, tenir 24...
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