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Dernières Infos - France

Canicule et décès: des indicateurs préoccupants avant un nouveau bilan


Un homme allongé près des fontaines du Trocadéro, en pleine canicule, le 27 juin 2026. REUTERS/Tom Nicholson/File Photo

Des noyades qui s'accumulent, des remontées préoccupantes chez les médecins sur les décès de personnes âgées... À la veille d'estimations officielles sur la mortalité enregistrée lors de l'exceptionnelle canicule de juin, les indices convergent déjà jeudi vers un bilan élevé.

Un nombre de décès quasiment multiplié par deux chez les personnes de plus de 75 ans: c'est le bilan établi mercredi soir par SOS Médecins, à partir de ses propres estimations, sur la semaine du 22 juin, au pic de l'épisode majeur de canicule qui a marqué la fin juin pendant une dizaine de jours en France et, plus largement, en Europe.

L'organisation a recensé 513 décès dans cette classe d'âge, contre 278 la semaine précédente, déjà marquée par de fortes chaleurs. Tous âges confondus, les interventions pour coup de chaleur et déshydratation ont, elles, été multipliées par six et par quatre.

Ces chiffres ne sont que parcellaires, mais ils donnent un nouvel indice du bilan sanitaire probablement élevé de cette canicule, déjà jugée plus intense sur le plan climatique que celle de 2003 avec trois des journées les plus chaudes jamais enregistrées en France.

Les autorités sanitaires et le gouvernement ont, certes, déjà assuré que les décès seraient certainement moindres qu'en 2003, quand la canicule avait tué environ 15.000 personnes, essentiellement âgées.

Reste que le sujet prend désormais la forme d'une polémique, le gouvernement ayant été accusé d'inaction cette semaine par les Écologistes, dont certains ont évoqué un bilan possible de 10.000 décès sans pouvoir étayer ce chiffre et suscitant un ferme démenti du Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Dans ce contexte sensible, l'agence Santé publique France va donner un premier bilan vendredi de la surmortalité recensée sur l'ensemble de la canicule de juin. Celui-ci sera publié à 08H00, a précisé le ministère de la Santé.

L'agence avait, en tout état de cause, donné de premiers chiffres dimanche, évoquant 1.000 décès de plus que la normale sur les quelques jours où la canicule a été la plus intense.


Un nouvel épisode à l'horizon

Mais ce chiffre est certainement en-dessous de la réalité: il ne porte que sur une période limitée, se base sur un indicateur à la portée réduite - les seuls certificats électroniques de décès - et n'inclut pas les morts enregistrées après la canicule elle-même, alors que les effets mettent parfois des jours à se faire sentir.

Santé publique France a par ailleurs rapporté cette semaine qu'un précédent épisode de fortes chaleurs, fin mai, avait vu une surmortalité de quelque 300 décès. Mais il était d'une ampleur bien moindre que la canicule de juin.

L'agence sanitaire prend, de plus, soin de répéter régulièrement que ces premiers bilans, y compris celui annoncé pour vendredi, ne permettent pas officiellement d'attribuer des décès à la chaleur mais uniquement de dire à quel point la mortalité générale dépasse la normale.

La nuance est toutefois minime alors qu'aucune épidémie majeure, susceptible d'accroître la mortalité, n'est actuellement à l’œuvre sur le territoire français.

D'autres chiffres viennent, par ailleurs, rappeler jeudi que la mortalité liée à la chaleur n'est pas uniquement une question d'effets sur l'organisme. Les noyades mortelles, favorisées par des baignades à risques sous fortes températures, poursuivent leur hausse, selon un bilan du ministère des Sports.

« Depuis le 19 juin, nous déplorons plus de 90 noyades. Un chiffre qui est inquiétant », a déploré la ministre, Marina Ferrari. Le chiffre reste cependant inférieur pour l'heure aux plus de 409 personnes décédées par noyade lors de l'été 2025.

Mais l'été 2026 commence à peine et les fortes chaleurs sont loin d'être terminées. Météo-France prévoit « sans doute un nouvel épisode (...) à partir de ce weekend », même s'il n'est pas assuré, à ce stade, qu'il soit aussi intense que celui de juin.

Des noyades qui s'accumulent, des remontées préoccupantes chez les médecins sur les décès de personnes âgées... À la veille d'estimations officielles sur la mortalité enregistrée lors de l'exceptionnelle canicule de juin, les indices convergent déjà jeudi vers un bilan élevé.Un nombre de décès quasiment multiplié par deux chez les personnes de plus de 75 ans: c'est le bilan établi mercredi soir par SOS Médecins, à partir de ses propres estimations, sur la semaine du 22 juin, au pic de l'épisode majeur de canicule qui a marqué la fin juin pendant une dizaine de jours en France et, plus largement, en Europe.L'organisation a recensé 513 décès dans cette classe d'âge, contre 278 la semaine précédente, déjà marquée par de fortes chaleurs. Tous âges confondus, les interventions pour...