Édito Édito

20 ans !

Faire paraître, pendant vingt ans, un supplément littéraire francophone au Liban, à l’heure où la quasi-totalité des quotidiens du pays ont renoncé à leurs suppléments culturels, relève de l’exploit. D’autant que ces deux décennies ont été marquées par les guerres (2006, 2024 et 2026), les catastrophes (l’explosion du port de Beyrouth, la pandémie…) et l’effondrement monétaire qui a fragilisé les sponsors et réduit le pouvoir d’achat des lecteurs, sans compter la désaffection croissante pour le support papier et le recul préoccupant de la lecture.

Si cette aventure a pu durer vingt ans, c’est grâce à l’enthousiasme et à la fidélité d’une équipe exceptionnelle, constituée d’un comité de rédaction composé de Hind Darwish, figure centrale du supplément devenue ambassadrice du Liban auprès de l’Unesco, de Charif Majdalani, de Ritta Baddoura, de Georgia Makhlouf, et des regrettés Jabbour Douaihy, Farès Sassine et Melhem Chaoul  ; de Samer Abdo, dont je tiens à saluer le sérieux et l’efficacité  ; de notre talentueux secrétaire de rédaction Alexandre Medawar  ; et de nombreux rédacteurs libanais, ou français – comme Henry Laurens, Josyane Savigneau, Jean-Pierre Perrin, Jean-Claude Perrier ou Denis Gombert, pour ne citer qu’eux. Qu’ils soient tous chaleureusement remerciés : sans leur engagement, ce supplément n’aurait jamais atteint le niveau qui est aujourd’hui le sien.

En ce vingtième anniversaire, ma pensée va aussi aux fondateurs de ce supplément, Georges Schéhadé et Salah Stétié, ainsi qu’au regretté Michel Eddé, qui comptait parmi nos plus fidèles lecteurs. J’exprime également ma gratitude aux responsables, passés et présents, de L’Orient-Le Jour, qui nous ont toujours accordé leur confiance, ainsi qu’à tous les amis qui ont accepté d’apporter leur témoignage pour célébrer cet anniversaire.

Dans son premier numéro de juillet 2006, L’Orient littéraire ressuscité affichait l’ambition de contribuer à la renaissance culturelle du Liban. Force est de constater que celle-ci se fait toujours attendre, tant les crises successives ont placé la survie au premier rang des priorités. Il n’en demeure pas moins que l’existence même de ce supplément, au milieu des ténèbres, atteste que la flamme de la culture libanaise, dont la littérature est l’un des piliers, demeure vivante, et que la francophonie n’est pas une coquille vide, mais un espace de création, de dialogue et d’échanges féconds.

Merci, du fond du cœur, à tous ceux qui ont rendu cette aventure possible. Et rendez-vous, inchallah, dans vingt ans !


Faire paraître, pendant vingt ans, un supplément littéraire francophone au Liban, à l’heure où la quasi-totalité des quotidiens du pays ont renoncé à leurs suppléments culturels, relève de l’exploit. D’autant que ces deux décennies ont été marquées par les guerres (2006, 2024 et 2026), les catastrophes (l’explosion du port de Beyrouth, la pandémie…) et l’effondrement monétaire qui a fragilisé les sponsors et réduit le pouvoir d’achat des lecteurs, sans compter la désaffection croissante pour le support papier et le recul préoccupant de la lecture.Si cette aventure a pu durer vingt ans, c’est grâce à l’enthousiasme et à la fidélité d’une équipe exceptionnelle, constituée d’un comité de rédaction composé de Hind Darwish, figure centrale du supplément devenue ambassadrice du Liban auprès...
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