« Il existe deux sortes de morts : ceux qui étaient déjà morts avant de mourir, et ceux qui sont vivants pour l’éternité » – Tobie Nathan.
Byblos est en deuil aujourd’hui.
Il est parti, le prince. Il est parti, nous laissant tous désemparés, le regard hagard, ne sachant pas encore si c’est la réalité ou un cauchemar dont nous allons nous réveiller. Il est parti sans un regard, sans une hésitation, chevauchant l’infini vers des cieux plus éthérés. Il est parti, impatient de rejoindre cet au-delà blanc qui, à son image, est pur, noble et grand.
Mon prince à moi, cet aspirant à la vie et à ses plaisirs, ce globe-trotteur qui sillonna les pays du monde, travaillant dur, accumulant savoir-faire et savoir-vivre.
Tu es parti trop tôt, mon prince. Nous avions encore trop de projets à réaliser. Nous venions de rentrer de notre ultime voyage, et je ne savais pas encore que ce serait le dernier.
Homme de foi et d’espérance, généreux, noble, bienveillant et fier, tu n’avais pas d’ennemis. Tous, à l’unanimité, te respectaient, t’aimaient et t’appréciaient. Tes amis étaient fiers de faire partie de ton cercle intime, appréciaient tes paroles et sollicitaient souvent tes conseils. Instruit et cultivé, tu étais au courant de tout ce qui se passait dans le monde, et tu avais de la peine pour le Liban, ton pays qui saigne et n’arrive pas encore à trouver la paix.
Tu chérissais ta famille de tout ton cœur, et ta maison était ton royaume.
Va, mon prince, libéré de ce corps qui te faisait souffrir. Il ne sera plus un obstacle à ton accomplissement ni à ton envol.
J’aurais tellement aimé faire ce voyage avec toi. Juste pour veiller encore un peu sur toi.


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