Des passants se promènent sur les berges de la Seine lors d'une vague de chaleur à Paris, en France, le 21 juin 2026. REUTERS/Sarah Meyssonnier
Trente-sept départements restent samedi en vigilance rouge canicule, malgré une amorce de reflux qui devrait aboutir dimanche soir à la fin des vigilances maximales dans l'Hexagone, premier répit dans un épisode qui met à rude épreuve le système de santé et dont les dégâts se font jour progressivement.
Depuis une semaine, la canicule d'une violence inédite qui a vu se succéder les journées et les nuits les plus chaudes jamais enregistrées, a durement touché les organismes des Français et continue de provoquer des conséquences en cascade, entre annulations d'événements culturels et sportifs, mortalité en hausse et hôpitaux au bord de la rupture.
Samedi, 37 départements restent en vigilance rouge, après 13 rétrogradations à 06H00, selon le dernier bulletin de Météo-France. Le chiffre doit encore descendre à 24 le lendemain, avec encore l'Ile-de-France et le Grand-Est concernés par le niveau d'alerte maximal.
Selon une frise accompagnant son dernier bulletin, Météo-France prévoit à ce stade la levée des alertes maximales à 22H00 dimanche, à la faveur, écrit l'organisme dans son bulletin, d'une entrée « d'air plus frais » par l'ouest et le nord-ouest, portant un risque d'orages parfois violents. Mais pour l'heure, l'établissement public prévient: « la canicule se poursuit » et les températures « resteront très élevées sur la majeure partie du pays ce week-end ». La canicule se déplace vers le nord-est, où de nouveaux records de chaleur absolus ont encore été battus vendredi, notamment dans le Bas-Rhin qui a enregistré le premier 40°C de son histoire. Record ainsi pour la Moselle avec 39,8°C.
Le mercure pourrait encore atteindre entre 40 et 42°C samedi dans les départements en rouge, « voire un peu plus ponctuellement ».
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains.
Jeunes et âgés à l'hôpital
Hôpitaux, médecins, services de secours, le phénomène climatique a mis tout le système de santé sous tension. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé vendredi qu'elle s'attendait à des « décès » dans les jours qui viennent, se disant particulièrement préoccupée par la survenue de décès à domicile.
« La pression hospitalière se prolongera plusieurs jours », a prévenu Matignon, alors que l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France a déclenché un « plan blanc » pour tous les hôpitaux de la région. Parmi les tensions qui justifient ce dispositif de crise activé pour faire face aux circonstances exceptionnelles, le directeur général de l'ARS a cité notamment la forte hausse des appels au 15 ou encore une hausse de moitié des passages aux urgences des plus de 75 ans.
« La plupart des patients graves » admis depuis jeudi sont « jeunes », entre 30 et 50 ans, a complété auprès de l'AFP le Dr Jérôme Cuny, responsable adjoint du Samu du Nord. « Quelques degrés en plus se traduisent par une augmentation très forte du risque de décès » et les canicules ont des « effets en cascade » sur la mortalité, ont également expliqué à l'AFP Mathilde Pascal et Robin Lagarrigue, de l'agence sanitaire nationale Santé publique France.
Concerts et Marche des fiertés annulés -
Pour l'heure, les premières victimes officielles de la vague de chaleur sont les événements annulés pour préserver les systèmes de santé et de secours, eux aussi en surchauffe.
La Marche des fiertés LGBT+, qui devait se tenir à Paris et Lyon samedi, a été annulée, tout comme les courses « We run » à Paris et le festival de musique Solidays, qui devait courir jusqu'à dimanche. Le Château de Chambord a également annulé trois jours de concerts qui devaient débuter vendredi soir, avec en têtes d'affiche Orelsan, Maroon 5 et DJ Snake. En revanche, le meeting international d'athlétisme de dimanche est maintenu au stade Charléty à Paris, dans un « format adapté ».
Plusieurs villes, dont la capitale, ont également pris des mesures d'interdiction de consommation et de vente d'alcool. « C'est du scotch sur une plaie ouverte. S'ils voulaient faire des mesures, qu'ils plantent des arbres, qu'ils prennent des actions contre le réchauffement climatique. (...) Il fait 40 degrés, on est en train de mourir de chaud. Il serait temps d'avoir un petit peu plus d'ambition que ça », a pesté à Paris auprès de l'AFPTV Leeloo Vernet, 25 ans.
La vague de chaleur, qui s'étend vers l'est du continent, frappe durement plusieurs pays d'Europe. Au moins 212 décès pouvant être attribués à cet épisode ont été recensés de dimanche à mercredi en Espagne, contre 98 à la même période en 2025, selon des données publiées par l'Institut de santé Carlos III à Madrid.

