Des manifestants lors de la révolution à Tunis en 2011. Photo d'archives AFP
La justice tunisienne a confirmé vendredi la peine d'un an de prison contre le journaliste indépendant Zied el-Heni pour « atteinte à autrui » après ses virulentes critiques de décisions judiciaires visant des confrères.
La Cour d'appel de Tunis a décidé de confirmer la peine prononcée en première instance, ont indiqué vendredi soir des médias locaux. Zied el-Heni avait été arrêté le 24 avril après l'ouverture d'une enquête concernant des propos tenus lors d'une conférence organisée début avril dans une faculté de droit à Tunis, selon son avocat, Me Samir Dilou.
En public, il avait défendu des journalistes condamnés « injustement », dénonçant comme « criminels » les magistrats ayant prononcé les jugements, d'après la même source. M. el-Heni est connu pour ses critiques virulentes à l'égard de la politique du président Kais Saied.
Il était poursuivi en vertu d'un article du Code des télécommunications prévoyant jusqu'à deux ans de prison pour « quiconque porte sciemment atteinte à autrui ou perturbe sa quiétude à travers les réseaux publics de télécommunications » (y compris les réseaux sociaux).
Le 13 avril, le journaliste avait annoncé sur sa page Facebook avoir déposé un recours devant le tribunal administratif contre le président Saied. Il demandait à la justice d'obliger le chef de l'Etat à mettre en place la Cour constitutionnelle et à réactiver le Conseil supérieur de la magistrature ainsi que la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica).
En 2024, Zied el-Heni avait déjà été condamné à six mois de prison avec sursis pour « atteinte à la personne » d'une ancienne ministre du Commerce, dont il avait demandé le limogeage lors d'une émission de radio. Depuis le coup de force du président Saied à l'été 2021 par lequel il s'est emparé des pleins pouvoirs, des dizaines de figures médiatiques, politiques et de défense des droits humains ont été arrêtées, certaines ayant écopé de lourdes peines.

