La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le président français, Emmanuel Macron, lors d'une cérémonie de signature d'accords organisée dans le cadre d'un sommet franco-italien à Antibes, sur la Côte d'Azur, le 25 juin 2026. Photo Manon Cruz/AFP
La France et l'Italie veulent mettre en place une « coalition » multinationale à la fin du mandat de la force onusienne de la Finul en décembre pour renforcer la « souveraineté au Liban », ont annoncé Emmanuel Macron et Giorgia Meloni lors d'un sommet à Antibes.
« Nous voulons lancer une coalition sur le dispositif post-Finul, évidemment en coordination avec l'Union européenne et les Nations unies, pour renforcer la souveraineté du Liban et de ses forces armées et empêcher que son territoire ne devienne le point d'appui d'une escalade régionale », a déclaré le président français. « L'Italie et la France peuvent absolument faire la différence. (...) Il est nécessaire, de notre point de vue, de garantir une présence internationale qui évite un vide sécuritaire extrêmement dangereux », a renchéri la Première ministre italienne. Elle a évoqué possible « conférence internationale » prochainement pour lancer cette initiative, en impliquant « de nombreux partenaires européens » et du Moyen-Orient.
« Notre première nécessité est de garantir la continuité d'une présence internationale », avec l'objectif de permettre « au gouvernement libanais d'avoir le monopole du recours à la force et le contrôle de l'ensemble de son territoire », a expliqué la dirigeante italienne. Elle a estimé qu'il fallait toutefois un « cadre juridique international », et un « mandat clair » qui a « fait défaut à la Finul ». « Nous allons ensemble d'abord travailler avec les autorités libanaises », « pour bâtir une solution qui vienne en appui des forces armées libanaises et des forces de sécurité », a complété Emmanuel Macron à ses côtés. « Nous essaierons de construire la coalition la plus large et en effet de bâtir un mandat clair. Sera-t-il mandat d'une force multinationale au côté des forces armées libanaises ? Est-ce qu'on pourra bâtir avec un vrai mandat des Nations unies ? Il est trop tôt pour répondre », a ajouté le président français. Il a aussi évoqué l'attente « dans les prochains jours » d' « éléments de soutien » de la part de l'Arabie saoudite aux forces armées libanaises « à très court terme », sans plus de précisions.
Le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) prend fin en décembre et elle ne sera pas renouvelée en tant que telle. Rome et Paris sont d'importants contributeurs à cette mission et veulent donc préparer le relais. La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Ils sont déployés dans le sud du Liban, le long de la Ligne bleue qui s'étend sur 120 kilomètres, traçant une frontière de facto entre le Liban et Israël.
Cette annonce intervient deux jours après un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et le président libanais, Joseph Aoun, au cours duquel le chef de l'État français avait indiqué qu'il mènerait des consultations avec plusieurs pays afin de déterminer leur position sur une initiative visant à déployer une force armée internationale au Liban-Sud après le départ de la Finul, dont le retrait doit débuter au début de l'année 2027. Cette initiative bénéficie du soutien de plusieurs pays de l'Union européenne, dont la France, l'Italie et l'Espagne. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait par ailleurs déclaré le 19 juin sur Franceinfo que Paris était prêt à maintenir des soldats au Liban après le départ des Casques bleus, en concertation avec les autorités locales.

