Les visiteurs passent devant une maquette de présentation du chasseur multirôle Lockheed Martin F-35 lors de l'Exposition internationale de l'aéronautique ILA à l'aéroport de Schoenefeld à Berlin, en Allemagne, le 10 juin 2026. Photo REUTERS/Fabrizio Bensch.
Donald Trump, interrogé sur un possible accès de la Turquie aux avions de chasse F-35, a dit mercredi qu'il allait prochainement rendre le président turc Recep Tayyip Erdogan « très heureux ».
« Oui je crois », a dit le président américain quand un journaliste l'a interrogé sur ce programme militaire dont Ankara a été exclu il y a plusieurs années, et lui a demandé s'il allait venir avec « un gros paquet cadeau » lors du sommet de l'OTAN en Turquie en juillet. « Je vais probablement faire quelque chose qui le rendra très heureux », a dit le président américain, en couvrant son homologue turc de compliments. « Je ne pense pas que je serais allé » au sommet de l'OTAN s'il n'avait pas été organisé « en Turquie par le président Erdogan », a-t-il même déclaré. Il n'a pas dit si sa participation à la rencontre des dirigeants des 32 pays membres de l'organisation de défense serait accompagnée par une visite officielle en bonne et due forme en Turquie.
Une telle décision sur les F-35 nécessite toutefois le feu vert du Congrès, ce qu'a rappelé le vice-président JD Vance, présent aux côtés de Donald Trump dans le Bureau ovale pendant cet échange. « C'est une affaire parlementaire et il faut s'assurer que la Turquie s'est mise en conformité avec la loi américaine pour qu'elle puisse avoir les F-35 », a-t-il dit. « Il y a certaines choses que nous devons certifier », a ajouté JD Vance, précisant que le président américain avait demandé que ce soit fait.
Ankara avait été exclu du programme des F-35 en 2019, non seulement comme client mais aussi comme partenaire industriel de l'avion de combat américain, pour avoir acquis un système de défense russe anti-missile S-400. Son président demande avec insistance à être réintégré et Donald Trump avait déjà signalé qu'il soutenait cette revendication.
Le F-35 de Lockheed Martin, le plus sophistiqué des avions de chasse américains, a été développé par les Etats-Unis en partenariat avec d'autres pays de l'OTAN, dont la Turquie est membre, dans le cadre d'un programme appelé Joint Strike Fighter (JSF).
Par ailleurs, l'administration américaine envisagerait d'aller de l’avant avec la vente à la Turquie de plusieurs dizaines de moteurs d’avions de combat, pour une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars, malgré les objections de certains membres du Congrès américain, ont indiqué mercredi quatre sources au fait du dossier à Reuters. Ces moteurs, produits par la société américaine General Electric, équiperont le KAAN, premier avion de combat de conception nationale turque. Ce projet majeur, lancé en 2016, s’inscrit dans la volonté d’Ankara de renforcer son autonomie dans le domaine de la défense. Selon l’une des sources, le contrat dépasserait les 700 millions de dollars.
Le KAAN a été développé en raison des frustrations de la Turquie face à ces relations parfois fluctuantes avec l’Occident et par plusieurs embargos sur les armements. Les responsables turcs reconnaissent toutefois qu’il faudra encore plusieurs années avant qu’il puisse remplacer les F-16 américains qui constituent aujourd’hui l’épine dorsale de l’armée de l’air turque. La décision américaine d’avancer sur la vente des moteurs intervient près d’un an après que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, eut publiquement dénoncé ce qu’il considérait comme un blocage du processus.

