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Politique - Entretien

Albert Kostanian à « L'OLJ » : Notre appel prouve que les fondements d’une alternative sérieuse au tandem chiite existent

L’économiste, qui fait partie des signataires de l’« Appel pour sauver le Liban », affirme que celui-ci est adressé à « tous les Libanais et tous les chiites ».

Albert Kostanian à « L'OLJ » : Notre appel prouve que les fondements d’une alternative sérieuse au tandem chiite existent

Une pancarte de soutien aux efforts diplomatiques du président de la République, à Saïda, au Liban-Sud, le 15 juin 2026. Photo Fadel Itani/ AFP

Albert Kostanian, journaliste, économiste et l’un des signataires de l’appel, a répondu lundi aux questions de L’Orient-Le Jour.

L’appel insiste sur la nécessité de mettre en œuvre les décisions gouvernementales relatives au monopole des armes. Peut-on mener à bien ce chantier sans recourir à la force, à l’heure où l’armée refuse catégoriquement d’agir contre le Hezbollah et où son commandant insiste sur le fait que la « paix civile » est sa priorité ?

Je voudrais dire d’abord que « l’Appel pour sauver le Liban » exprime une position solide en faveur du Liban, sans concessions ni en faveur de l’Iran, ni en faveur d’Israël. C’est un appel au retour aux constantes nationales et au discours national, aujourd’hui porté par l’État. D’autant plus qu’on ne connaît que trop bien l’expérience libanaise de 15 à 20 ans de guerre à cause de discours qui allaient à l’encontre des constantes nationales.

Partant, il faut être aujourd’hui derrière l’État et les négociations qu’il mène (à Washington). Nous soutenons également le gouvernement et ses décisions, notamment celle relative au monopole des armes. Nous ne disons pas que le Hezbollah pourra être désarmé demain matin. Cela ne se fera d’ailleurs pas sous les bombardements. C’est au gouvernement, et pas à nous, d’en décider du moment et du rythme. Il faut toutefois assurer un climat propice pour que ce chantier se déroule loin de la violence.

⁠⁠L’appel a été signé par de nombreux activistes indépendants, dont des chiites. Peut-on réellement proposer une alternative politique à la communauté chiite en présence d’une milice armée comme le Hezbollah ?

Le texte incarne un effort transcommunautaire. Beaucoup de chiites anti-Hezbollah figurent parmi les signataires. Ils ont été minutieusement choisis. Il y a des députés, des intellectuels, des journalistes et des professeurs universitaires. Cela prouve qu’il y a quand même une société civile chiite active au Liban.

Cela dit, l’appel ne constitue pas une alternative politique au tandem chiite au sens plein du terme. Il est, en revanche, la preuve que les fondements d’une alternative sérieuse existent. Il faut préciser dans ce cadre que l’appel n’est pas adressé au Hezbollah, mais à tous les Libanais et à tous les chiites (dont la base populaire du tandem) pour dire que tous les Libanais condamnent les guerres et les agissements d’Israël et sont confiants que l’État est le dernier rempart de tous.

⁠Le document évoque également l’application et la modernisation de l’accord de Taëf. Ce chantier nécessite la tenue d’un dialogue national qui pourrait être une énième fuite en avant des dirigeants libanais. Selon vous, comment s’assurer que ce dialogue conduira à de réelles avancées ?

Dans l’un de ses points, le texte insiste sur le refus de tout troc entre l’application de l’accord de Taëf et la remise des armes. En contrepartie de son arsenal, le Hezbollah obtiendra un véritable État.

Pour ce qui est du mécanisme d’application de Taëf, nous ne parlons absolument pas de dialogue national. Nous pressons pour l’édification d’un État en bonne et due forme. Cela permettrait l’application de Taëf, dont les textes prévoient les méthodes d’exécution, comme le recours à l’article 95 de la Constitution (portant sur l’abolition du confessionnalisme politique), pour ne citer que cet exemple.

Avez-vous pour ambition de transformer cette initiative en une organisation politique ? Avez-vous des alliés à ce niveau-là ?

Le texte du 22 juin est un appel rassembleur visant à réunir le plus grand nombre possible de personnes et d’entités autour des principes évoqués plus haut. Parmi ces entités, il y a évidemment les partis politiques traditionnels. Ce n’est donc pas un parti politique distinct mais une initiative rassembleuse autour du soutien à l’État.


Albert Kostanian, journaliste, économiste et l’un des signataires de l’appel, a répondu lundi aux questions de L’Orient-Le Jour.L’appel insiste sur la nécessité de mettre en œuvre les décisions gouvernementales relatives au monopole des armes. Peut-on mener à bien ce chantier sans recourir à la force, à l’heure où l’armée refuse catégoriquement d’agir contre le Hezbollah et où son commandant insiste sur le fait que la « paix civile » est sa priorité ?Je voudrais dire d’abord que « l’Appel pour sauver le Liban » exprime une position solide en faveur du Liban, sans concessions ni en faveur de l’Iran, ni en faveur d’Israël. C’est un appel au retour aux constantes nationales et au discours national, aujourd’hui porté par l’État. D’autant plus qu’on ne connaît que trop bien l’expérience...
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