Le réalisateur Andrey Zvyagintsev, lauréat du Grand Prix pour le film « *Minotaur* » (*Minotaure*), prononce un discours aux côtés de Zoe Saldana lors de la cérémonie de clôture de la 79ᵉ édition du Festival de Cannes, à Cannes, en France, le 23 mai 2026. Photo REUTERS / Sarah Meyssonnier
L'appel à cesser le « carnage » en Ukraine lancé au festival de Cannes par le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev à Vladimir Poutine ne sera pas transmis « par quiconque » au président russe, a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin. « La seule personne qui puisse mettre fin à cette boucherie est le président de la Fédération de Russie. Mettez fin à ce carnage, le monde entier attend cela », a lancé samedi le cinéaste au moment de recevoir le Grand Prix pour son film « Minotaure ».
Lorsqu'un journaliste lui a demandé lundi lors d'un briefing si cet appel avait été relayé à Vladimir Poutine, son porte-parole Dmitri Peskov a déclaré: « Pour ma part, je ne le ferai pas. Je ne pense pas que quiconque le fera ». « La seule chose qui compte pour moi », a-t-il poursuivi, « c'est que Zviaguintsev n'a jamais condamné le massacre sanglant perpétré par le régime de Kiev dans le Donbass depuis 2014, date du début de la guerre ». « S'il l'avait fait à l'époque, il aurait sans doute eu son mot à dire. Mais il n'a plus ce droit », a encore estimé Dmitri Peskov.
En 2014, Moscou avait piloté une révolte de séparatistes prorusses dans le Donbass, bassin industriel et minier de l'est de l'Ukraine à majorité russophone, à laquelle Kiev avait répondu en envoyant l'armée. Ce conflit a constitué l'amorce de l'offensive russe de grande ampleur lancée en février 2022.
« Minotaure » raconte l'histoire d'un couple de la bourgeoisie russe en pleine crise conjugale, avec en toile de fond la guerre en Ukraine. Il montre le délitement de la société russe où décideurs politiques et économiques s'arrangent pour envoyer au front les citoyens les moins productifs.
Andreï Zviaguintsev a déclaré à l'AFP douter de voir son film un jour projeté dans son pays en raison de son propos anti-guerre, jugeant toutefois que les Russes qui souhaitent le voir pourraient avoir recours au piratage qui « bat son plein » en Russie.
Interrogé la semaine dernière à propos d'une éventuelle sortie de « Minotaure » dans les salles russes, Dmitri Peskov a expliqué que « ça n'est pas vraiment du ressort du Kremlin. C'est notre ministère de la Culture qui délivre les autorisations de distribution ».


Trump maintient que le cessez-le-feu est « terminé » mais accepte de parler avec l'Iran