Le président de la Chambre, Nabih Berry, dans l'hémicycle, le 17 décembre 2025. Photo Hassan Ibrahim/Parlement libanais
A quelques heures du coup d'envoi des négociations directes entre le Liban et Israël, le président du Parlement Nabih Berry a estimé jeudi que si les discussions n'aboutissent pas à un « véritable cessez-le-feu, tout s'effondrera ».
Ses propos interviennent alors que la trêve entrée en vigueur le 17 avril est violée quotidiennement par l'État hébreu et le Hezbollah.
« Les négociations commencent aujourd’hui à 9h, heure de Washington. S’il n’y a pas de véritable cessez-le-feu, cela veut dire que tout s’effondrera », a affirmé M. Berry au quotidien al-Diyar. « Nous n’acceptons rien de moins que le retrait de l’armée israélienne, puis la reconstruction, le déploiement de l’armée libanaise et le retour des habitants » déplacés, a-t-il ajouté. Interrogé au sujet d'une éventuelle rencontre entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président de la République Joseph Aoun, Nabih Berry a indiqué que, selon les informations dont il disposait, ce sujet « n’est pas envisagé par M. Aoun ».
Le chef du Législatif a également estimé que le pays « a besoin d’un parapluie régional, et en particulier d’une entente ou d’un accord irano-saoudien sur le Liban sous parapluie américain ». Interrogé sur la possibilité que le parapluie régional requis nécessite un remaniement gouvernemental, M. Berry a affirmé avoir abordé cette question lors de sa rencontre avec le Premier ministre Nawaf Salam, soulignant que ce dernier a indiqué que « le sujet a été mis de côté et que le moment n’est pas opportun pour un remaniement ». Nabih Berry a affirmé qu’il partageait cet avis.
Après deux réunions préparatoires, les négociations directes entre Beyrouth et Tel-Aviv seront officiellement lancées ce jeudi à Washington. Pour poursuivre les pourparlers, le Liban insiste sur la nécessité d’un cessez-le-feu, ou à tout le moins d’une désescalade, voire d’un engagement israélien à ne lancer aucune opération militaire avant la réactivation du « mécanisme » et à un retour à la situation antérieure au 2 mars. Israël, de son côté, avance des exigences particulièrement dures, cherchant clairement à obtenir une position tripartite commune entérinant un mécanisme de désarmement du Hezbollah.

