Un technicien de la police scientifique travaille sur les lieux d'un incendie criminel présumé survenu tôt le matin, devant une ancienne synagogue du quartier de Whitechapel, dans l'est de Londres, le 5 mai 2026. Photo JUSTIN TALLIS / AFP
La police antiterroriste britannique enquête sur un incendie ayant visé tôt mardi matin une ancienne synagogue à Londres après une série d'attaques à caractère antisémite, sujet au centre d'une réunion convoquée par le Premier ministre Keir Starmer à Downing Street.
La montée de l'antisémitisme est devenue un thème majeur dans la campagne avant les élections locales de jeudi au Royaume-Uni, qui s'annoncent difficiles pour le gouvernement travailliste.
L'incendie mardi matin a causé des dégâts mineurs au portail du bâtiment et n'a pas fait de blessé, a indiqué la police dans un communiqué. Il s'est produit dans le quartier de Tower Hamlets, dans l'est de la capitale.
« Le bâtiment visé n'est plus utilisé comme synagogue depuis plusieurs années, mais cela n'apportera que peu de réconfort à la communauté juive », a déclaré Brittany Clarke, responsable de la police dans ce quartier.
Cet incident intervient alors que le Royaume-Uni a relevé son niveau de menace terroriste, après une attaque au couteau le 29 avril contre deux hommes juifs dans le quartier de Golders Green, dans le nord-ouest de la capitale.
L'auteur présumé, un Britannique de 45 ans né en Somalie, a été inculpé.
Depuis fin mars, une série d'incendies ou de tentatives d'incendie ont visé des synagogues et des lieux liés à la communauté juive.
Le Premier ministre Keir Starmer a convoqué une réunion mardi à Downing Street, notamment avec des responsables de la police, du domaine de la culture, de l'éducation, de la santé afin de trouver une réponse à « la crise » représentée par la montée de l'antisémitisme au Royaume-Uni.
« L'antisémitisme n'a pas une seule et unique origine. L'islamisme, l'extrême gauche et l'extrême droite s'en prennent aux communautés juives », a déclaré le dirigeant travailliste, à l'ouverture de cette réunion, qui se tient deux jours avant des élections locales cruciales à travers le Royaume-Uni.
Le Labour (centre-gauche) a en particulier accusé d'antisémitisme les Verts, qui ont un programme très marqué à gauche et des positions pro-palestiniennes.
Selon les sondages, ils devraient progresser dans des zones traditionnellement travaillistes, en particulier à Londres.
Deux candidates des Verts ont été arrêtées par la police fin avril, soupçonnées d'incitation à la haine, à la suite de messages publiés sur les réseaux sociaux. Toutes deux ont été suspendues par le parti, ont rapporté des médias britanniques.
Le chef des Verts, Zack Polanski, de confession juive, a lui-même tenu des propos qui ont fait polémique.
Interrogé fin avril sur la série d'incendies et tentatives d'incendie ciblant la communauté juive à Londres, il s'est dit « préoccupé par la hausse des actes antisémites », mais a ajouté qu'il faudrait un « débat pour savoir s'il s'agit d'un sentiment d'insécurité ou d'une insécurité réelle ».
Keir Starmer, qui a pris la tête du Labour en 2020, a mené une véritable purge au sein du parti pour tourner la page des accusations d'antisémitisme sous son prédécesseur Jeremy Corbyn.

