Un membre des forces de sécurité syriennes tient de la drogue saisie en provenance du Liban en début d'année. Capture d'écran d'une vidéo publiée par SANA
Le ministère syrien de l'Intérieur a annoncé samedi le démantèlement d'un réseau international de trafic de drogue opérant dans la campagne (rif) de Damas. Une importante cargaison d'un million de pilules de captagon « en provenance du Liban » et destinée à transiter par le territoire syrien vers les pays voisins, a été saisie dans ce cadre.
« Le département antidrogue a conduit une série d'opérations de sécurité complexes et de grande qualité dans la région de Rankous, dans la campagne de Damas. Ces opérations ont permis de démanteler un réseau international de trafic, de découvrir des sites de production clandestins et de cibler des centres de distribution locaux de drogue », souligne le communiqué.
Le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'une importante cargaison contenant environ un million de comprimés de captagon et un kilogramme de haschich avait été saisie. Cette cargaison, en provenance du Liban, était destinée à être acheminée clandestinement à travers le territoire syrien vers les pays voisins, selon les autorités syriennes. Trois membres « importants » du réseau ont également été arrêtés. Selon le communiqué, le ministère a effectué une opération de sécurité ciblée dans la ville de Jaramana, aboutissant à l'arrestation d'un trafiquant de drogue qui se faisait passer pour un agent des forces de sécurité afin de faciliter ses activités criminelles de trafic et de transport de stupéfiants.
En mars, l'agence de presse officielle syrienne SANA avait rapporté que l'armée syrienne a découvert un tunnel de contrebande reliant les territoires syrien et libanais à Hoch el-Sayyed Ali, village frontalier à cheval sur les deux pays. Ce tunnel, utilisé par des milices libanaises à des fins de contrebande, a été fermé.
Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre 2024, Damas annonce régulièrement des saisies de captagon et d'armes de contrebande à la frontière libanaise. Le captagon, une amphétamine de synthèse illégale, était devenu le principal produit d'exportation de la Syrie durant la guerre civile, constituant une source de financement majeure pour l'ancien régime déchu, qui avait transformé le pays en narco-État.
Les nouvelles autorités syriennes accusent le Hezbollah, ancien allié du régime d'Assad, d'être impliqué dans ce trafic transfrontalier. De même pour les États-Unis qui accusent le parti chiite de trafic de captagon.

