L'ambassadeur saoudien, Walid Boukhari (à gauche), et le mufti de la République, Abdellatif Deriane, le 28 avril 2026 à Dar el-Fatwa. Photo ANI
L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, Walid Boukhari, a souligné mardi, devant le vice-président du Conseil supérieur chiite (CSC), Ali Khatib, et le mufti de la République, Abdellatif Deriane, « la nécessité de consolider la paix civile au Liban ».
Au cours de sa rencontre avec le mufti Deriane à Dar el-Fatwa, Walid Boukhari a réaffirmé « l'engagement de son pays envers l'unité du peuple libanais face aux défis auxquels il fait face ». « L'Arabie saoudite déploie des efforts diplomatiques pour aider le Liban dans cette épreuve et se tient fermement aux côtés de l'État libanais et de ses institutions afin de trouver des solutions contribuant au renforcement de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité », a-t-il souligné. Il a ajouté que le royaume maintient une coordination et une coopération constantes avec l'État et appelé « à privilégier la sagesse et la raison face aux défis et aux crises, afin de préserver la paix civile », saluant les prises de position du mufti de la République « et son rôle judicieux et mesuré pour garantir l'unité du Liban et de son peuple ».
Le mufti Deriane a de son côté exprimé sa « profonde reconnaissance pour le rôle que joue l'Arabie dans la région, plus particulièrement au Liban, en soutenant et en contribuant à préserver la stabilité, la sécurité et l'unité du pays, notamment dans les circonstances exceptionnelles qu'il traverse ». Il a souligné que « la reconstruction de l'État est le seul moyen de sauver le Liban, de restaurer son prestige, d'étendre son autorité sur l'ensemble du territoire, de monopoliser les armes aux mains de l'armée libanaise, de respecter l'accord de Taëf et de renforcer l'unité des Libanais ». Il s'est aussi dit « satisfait des démarches diplomatiques entreprises par le président et le gouvernement, pour mettre fin à la guerre au Liban et trouver un règlement garantissant la stabilité ».
Chez le cheikh Ali Khatib, à Hazmieh, l'ambassadeur Boukhari s'est dit « optimiste quant à l'avenir, soulignant de nouveau la nécessité de consolider la paix civile au Liban ». Il a affirmé que « le retour à l'accord de Taëf constitue le point de départ essentiel pour s'entendre sur des principes généraux et garantir qu'aucune composante libanaise ne soit lésée et qu'aucune partie ne soit exclue ». M. Boukhari a par ailleurs appelé le président de la République Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry à « s'accorder sur une voie commune pour préserver la paix civile », tout en se disant confiant « dans la sagesse et l'expérience » de M. Berry.
« Nous n'avons pas de projet politique distinct. Nous croyons en la nation et ne pouvons en être une partie à part ; nous ne dérogerons pas à ce principe », a déclaré pour sa part le vice-président du CSC. Il a aussi souligné le rôle joué par Riyad « pour contenir l'expansionnisme israélien et occidental ». C'est pourquoi nous appelons à la coopération entre les principaux pays arabes et islamiques de la région afin de faire face au projet sioniste. Le monde arabo-islamique a besoin d'un front uni pour le protéger, et l'Arabie est fondamentale à cet égard », a-t-il poursuivi.
L’Arabie saoudite est entrée dernièrement de tout son poids sur la scène libanaise en amont des négociations directes entre le Liban et Israël, en posant une série de fondamentaux. Premièrement, selon des informations obtenues par L'Orient-Le Jour, la préservation intégrale de l’accord de Taëf ; deuxièmement, le maintien du gouvernement et la garantie de tout le soutien et de la protection nécessaires ; troisièmement, la consolidation de l’entente entre les trois présidents (de la République, du gouvernement et du Parlement) et la coordination sur les dossiers clés, notamment les négociations avec Israël ; quatrièmement, la priorité devrait être donnée à la protection du Liban en tant qu’entité (société et démographie) dans le cadre des négociations ; cinquièmement, la préservation de la stabilité interne et la prévention de toute confrontation intérieure ; sixièmement, la mise en œuvre des décisions gouvernementales concernant le monopole des armes aux mains de l’État.
Le Liban a mené deux réunions préparatoires directes avec Israël en amont des négociations directes prévues sous l'égide de Washington, ce qui a permis d'étendre le cessez-le-feu avec Israël de 3 semaines, après plus d'un mois et demi de conflit avec le Hezbollah.



L’Arabie Saoudite ne pas demande l’avis des autres pays lorsqu’il s’agit de la souveraineté du sien. Alors trêve de discours et de recommandations, nous avons été gavés pendant des décennies de toutes les bonnes intentions des pays amis qui n’ont fait que compliquer la tâche de nos dirigeants à retrouver une issue sûre pour nos problèmes sur le terrain. Le Liban est un pays libre et indépendant et est capable de prendre les décisions qui conviennent sans l’intervention des autres pays dans ses affaires internes. Merci pour les conseils mais que ça s’arrête là. Chacun son métier, et les vache
15 h 37, le 28 avril 2026