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Dernières Infos - Moyen-Orient

La Turquie allège sa fiscalité et se rêve en pôle financier régional


Un drapeau turc. Photo AFP

La Turquie veut attirer entrepreneurs et capitaux en abaissant voire annulant la fiscalité sur les entreprises et les nouveaux résidents, arguant de sa position de « corridor central » entre l'Europe et le Moyen-Orient.

« La Turquie bénéficie d'une position géographique exceptionnelle de corridor central », a relevé lundi le ministre du Trésor et des Finances Mehmet Simsek en déroulant un programme de réformes destiné à faire de ce pays de 86 millions d'habitants et d'Istanbul, sa capitale économique, « un des principaux pôles de la région » et un centre financier « aligné sur ceux de Singapour, Hong Kong et des Pays-Bas ».

Le mot d'ordre: « Exporter davantage de biens et de services. Attirer plus de talents, d'entrepreneurs et de capitaux », a-t-il résumé. Avec ce programme de réformes, la Turquie promet « l'exonération fiscale à 100% » du commerce de transit « si l'entreprise est basée au Centre financier d'Istanbul et 95% d'exonération fiscale si l'entreprise est située en dehors ».

Simultanément, pour doper les exportations, elle offre une « réduction radicale » de la fiscalité, a expliqué M. Simsek: actuellement soumis à un taux d'imposition standard de 25%, « les exportateurs bénéficieront désormais d'une réduction majeure » et se verront imposer une taxe de 14%, tandis que les exportateurs de produits manufacturés bénéficieront d'un taux unique de 9%. Les exportations de services « à forte valeur ajoutée », y compris des logiciels, des jeux vidéo, de l'ingénierie et du design, bénéficieront une exonération fiscale de 100%, selon le programme.

Le programme prévoit aussi d'accorder une exonération d'impôts de 20 ans sur les revenus provenant de l'étranger pour les nouveaux résidents en Turquie. Les citoyens turcs qui rapatrient leur fortune en Turquie pourront bénéficier des mêmes avantages fiscaux selon des conditions qui restent à définir, a souligné M. Simsek. Les mesures annoncées devront être adoptées par le parlement turc avant d'entrer en vigueur.

« Nous sommes déterminés à faire de la Turquie un pôle d'attraction mondial (...) et à renforc[er] considérablement l'attractivité de notre pays », avait affirmé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan. Interrogé sur les impacts de la situation internationale et du blocage du détroit d'Ormuz, alors que la Turquie dépend des importations énergétiques, notamment de Russie, le ministre a jugé la situation « difficile mais gérable ».

« Nous avons une faible exposition directe au détroit (...) La plupart de (nos importations de) pétrole et gaz arrivent par oléoducs ou de pays qui ne sont pas concernés par le détroit. Par conséquent, la sécurité de l'approvisionnement énergétique n'est pas en jeu », a-t-il assuré. Il a par ailleurs vanté la situation économique du pays, citant un « déficit budgétaire à 2,9% du PIB, ce qui nous donne la capacité de réagir, ainsi qu'une dette juste en dessous de 24% du PIB ». Il a toutefois reconnu qu'en raison de la flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient, « l'inflation sera d'environ 3% plus élevée par rapport à notre scénario de base », estimant cela « gérable ».

En mars, le taux d'inflation en Turquie atteignait 30,9% en glissement annuel. Le gouvernement avait déjà relevé ses prévisions, estimant que l'inflation se situerait entre 15 et 21% à la fin de l'année, contre 13 à 19% initialement.

La Turquie veut attirer entrepreneurs et capitaux en abaissant voire annulant la fiscalité sur les entreprises et les nouveaux résidents, arguant de sa position de « corridor central » entre l'Europe et le Moyen-Orient.« La Turquie bénéficie d'une position géographique exceptionnelle de corridor central », a relevé lundi le ministre du Trésor et des Finances Mehmet Simsek en déroulant un programme de réformes destiné à faire de ce pays de 86 millions d'habitants et d'Istanbul, sa capitale économique, « un des principaux pôles de la région » et un centre financier « aligné sur ceux de Singapour, Hong Kong et des Pays-Bas ».Le mot d'ordre: « Exporter davantage de biens et de services. Attirer plus de talents, d'entrepreneurs et de capitaux », a-t-il résumé. Avec ce programme de réformes,...