Le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane. Photo d'archives tirée de X
Arrivé à Beyrouth jeudi, l’émissaire saoudien Yazid ben Farhane, conseiller du ministre des Affaires étrangères, s'est entretenu vendredi avec des députés sunnites qui ont salué les efforts de Riyad pour la prolongation du cessez-le-feu entre le Liban et Israël, rapporte l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Dans le cadre de sa visite au Liban, le prince saoudien avait déjà tenu jeudi à Beyrouth des entretiens avec le président Joseph Aoun et le président du Parlement Nabih Berry, quelques heures avant la prolongation de l’accord de trêve du 17 avril entre le Beyrouth et Tel-Aviv pour trois semaines, sous les auspices du président américain, Donald Trump. Malgré cette prolongation, des frappes aériennes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi, tuant trois personnes, et le Hezbollah a abattu un drone israélien au-dessus de Tyr.
Vendredi, l’émissaire saoudien a d’abord tenu une réunion, en présence de l’ambassadeur d’Arabie au Liban, Walid Boukhari, avec le député de Beyrouth Fouad Makhzoumi. Ce dernier a salué le « rôle important » du royaume « dans le soutien à la stabilité du Liban et ses efforts en faveur de la désescalade et d’un cessez-le-feu. Nous apprécions également la position constante du royaume en faveur de la souveraineté de l’État libanais et la nécessité de limiter les armes à ses institutions légitimes, ainsi que la mobilisation de ses capacités au service de la sécurité et de la stabilité du Liban ».
Yazid ben Farhane s’est ensuite rendu auprès du député de Tripoli Fayçal Karamé, qui a exprimé sur X sa « profonde reconnaissance pour le rôle joué par l’Arabie saoudite (…) dans le soutien à la voie de la stabilité au Liban, ainsi que pour ses efforts inlassables en faveur de la désescalade et d’un cessez-le-feu, contribuant à renforcer la situation interne et à épargner au pays de nouvelles crises. »
L’étape suivante de la tournée de l'émissaire l’a amené à se réunir, dans son lieu de résidence à Yarzé, avec les députés du bloc sunnite de la Modération nationale, Mohammad Sleiman, Ahmad el-Kheir, Abdel Aziz el-Samad et Sajih Attiyé, ainsi que le secrétaire général du bloc, Hadi Hobeiche. Selon un communiqué du bloc, le prince a affirmé « l’attachement du royaume à la stabilité du Liban, au respect de l’Accord de Taëf (qui a mis fin à la guerre civile de 1975-1990), au consensus entre les trois présidents — de la République Joseph Aoun, du Parlement Nabih Berry et du Premier ministre Nawaf Salam (ndlr) —, ainsi qu’à la nécessité d’éviter toute dérive vers des discours ou des comportements susceptibles d’attiser les divisions ou de porter atteinte à la paix civile, tout en soulignant l’importance de déployer tous les efforts diplomatiques pour sauver le Liban et son peuple ».
Le Liban, qui a entamé pour la première fois depuis 1983 des réunions directes avec Israël à Washington en vue de négociations entre les deux pays, compte sur un soutien diplomatique arabe dans ce processus. L’Orient-Le Jour a appris que Joseph Aoun travaille à organiser des visites en Arabie saoudite pour des discussions avec le prince héritier, Mohammad ben Salmane, ainsi qu’au Qatar pour rencontrer l’émir Tamim bin Hamad Al-Thani, dans le cadre d’une dynamique diplomatique plus large.



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