Le député Gebran Bassil prenant la parole lors de l'inauguration d'une conférence sur la diaspora à Beyrouth, le lundi 29 décembre 2025. Photo transmise à L'Orient-Le Jour par le CPL
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) et député de Batroun, Gebran Bassil, a estimé jeudi que le Hezbollah avait « perdu sa légitimité interne en agissant selon un agenda extérieur », en ouvrant un front de soutien à l’Iran en mars 2026, moins de trois ans après celui en soutien au mouvement palestinien Hamas en octobre 2023, dans un entretien avec la chaîne saoudienne Al-Hadath.
M. Bassil a progressivement pris ses distances avec le Hezbollah ces dernières années, tout en continuant à envisager une alliance électorale pour les législatives qui devaient avoir lieu en mai 2026 et qui ont finalement été reportées de deux ans en raison de la guerre.
Allié du parti chiite pro-iranien, M. Bassil , qui a rappelé son soutien au monopole des armes aux mains de l'État, a toutefois indiqué vouloir que le désarmement soit le fruit d'un « processus intégré politique, sécuritaire, militaire, diplomatique et économique que nous appelons stratégie de défense ». Cette expression, utilisée dès les années 1990, notamment par le Hezbollah, est souvent synonyme de fuite en avant pour le parti armé, sommé depuis août 2025 par l’État libanais de lui remettre son arsenal. Il a précisé y être favorable car Israël « première puissance de la région et l’une des armées les plus puissantes au monde, n’y est pas parvenu (par la force) » et en raison du risque d'un « conflit interne ».
« Crainte pour la paix civile »
M. Bassil a également réitéré sa volonté de voir « le Liban assumer la responsabilité de ses frontières et recouvrer tous ses droits, et qu’en contrepartie Israël obtienne son droit à la sécurité ». Dans ce cadre, il s’est de nouveau déclaré favorable à des négociations directes avec l’État hébreu. « La négociation est une chose naturelle pour mettre fin à un état de guerre », a-t-il déclaré, ajoutant que le Liban avait négocié avec Israël « à sept reprises entre 1949 et 2024 ».
À l'heure où le Hezbollah rejette catégoriquement les pourparlers avec Israël, M. Bassil a précisé que « le négociateur libanais doit être renforcé par une unité interne — je ne dis pas un consensus total, mais un accord général —, et que cela relève de la responsabilité du gouvernement ».
Dans ce contexte, le député de Batroun a évoqué « une réelle crainte pour la paix civile ». « Personne, ni le Hezbollah ni quiconque, n’a le droit de menacer le Liban dans sa paix intérieure. Si nous refusons l’ingérence extérieure dans nos affaires internes, nous refusons également toute domination interne », a-t-il encore dit. Alors que les milieux du Hezbollah multiplient les propos menaçants, l’État libanais affirme vouloir poursuivre les négociations et ne pas revenir sur sa décision, prise début mars, de déclarer illégales les activités militaires du parti-milice armé. « Le Liban peut vivre une neutralité effective à l’égard des axes régionaux : son rôle n’est pas la guerre, mais le dialogue et la communication », a encore déclaré M. Bassil. « Le Liban peut vivre une neutralité effective à l’égard des axes régionaux : son rôle n’est pas la guerre, mais le dialogue et la communication », a-t-il encore estimé.



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17 h 37, le 24 avril 2026