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Moyen-Orient - Liberté D'expression

De prestigieuses universités britanniques ont payé une société pour « espionner » des étudiants pro-palestiniens, selon une enquête

Al-Jazeera et Liberty Investigates ont révélé que la société de sécurité Horus a été rémunérée pour ses services à hauteur de près de 600 000 dollars depuis 2022.

De prestigieuses universités britanniques ont payé une société pour « espionner » des étudiants pro-palestiniens, selon une enquête

Des policiers surveillent des manifestants tenant une banderole lors d’un rassemblement en soutien au groupe pro-palestinien et anti-Israël Palestine Action, sur Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 23 juin 2025. Photo Henry NICHOLLS/AFP

Douze universités britanniques, dont les plus prestigieuses du pays, ont payé la société privée de sécurité Horus (Horus Security Consultancy Limited) pour « espionner » des étudiants pro-palestiniens, selon une enquête menée par al-Jazeera et Liberty Investigates, publiée lundi. Horus, qui a passé au crible les flux de réseaux sociaux d’étudiants et mené des évaluations secrètes de « menaces terroristes », a été rémunérée à hauteur d’au moins 440 000 livres sterling (594 000 dollars) par des universités depuis 2022, selon l'enquête.

L’université d’Oxford, Imperial College London, la London School of Economics, l'University College London, King’s College London, l’université de Sheffield, l’université de Leicester, l’université de Nottingham et Cardiff Metropolitan University figurent parmi ces universités. Rien n'indique que les activités en question soient toutefois illégales, précise l'enquête.

« Exploiter un éventail de sources sur Internet »

Les universités auraient notamment utilisé les services de l'entreprise pour surveiller les manifestations pro-palestiniennes dans les campus, de fin 2023 à 2025, qui demandaient notamment de mettre fin à tout investissement dans des entreprises considérées comme complices de la guerre d’Israël à Gaza, selon al-Jazeera.

Horus a été fondée en 2006 comme un projet au sein de l’équipe de sécurité de l’université d’Oxford. Son directeur depuis 2020, le colonel Tim Collins, a publiquement attribué l’augmentation du nombre et de l’ampleur des manifestations solidaires de Gaza dans les pays occidentaux à une « campagne médiatique orchestrée par la Russie et l’Iran ». L’entreprise propose un service appelé « Insight », fournissant à ses clients des rapports de renseignement en sources ouvertes compilés à l’aide d’un outil qu’elle a développé pour « exploiter un vaste éventail de sources sur Internet ». Selon son site, elle a intégré l’intelligence artificielle dans ses opérations depuis 2022.

L'entreprise a ainsi compilé des milliers de publications d’étudiants sur les réseaux sociaux, vendues aux universités pour 900 livres (1 215 dollars) par mois, selon les résultats de l'enquête.

Un environnement « sûr »

Plusieurs universités n'ont pas répondu à une demande de commentaires lors de l'enquête. L’université de Sheffield a indiqué qu’elle utilisait des services externes pour effectuer une « veille prospective » sur des questions susceptibles d’affecter l’université, et qu’il était « incorrect » de suggérer que cela visait à décourager l’activisme. Elle a ajouté « ne pas partager de données étudiantes » avec Horus ni lui demander de « surveiller » des individus, et que sa priorité était de maintenir « un environnement sûr » tout en soutenant les manifestations légales.

Des courriels internes à l’université de Bristol adressés à Horus révèlent que l’établissement a payé au moins 8 700 livres sterling (11 530 dollars) pour un service d’alerte « sur mesure » couvrant « tout ce qui est lié aux manifestations étudiantes proposées [et] englobant toute activité de protestation à travers la ville » depuis mai 2024. L’université a fourni à l’entreprise une liste de groupes à surveiller, dont six groupes de défense des droits des animaux.

Un porte-parole de l’université de Bristol a indiqué que l’entreprise collecte des « informations accessibles au public sur toute activité de protestation de tout groupe dans la ville susceptible d’affecter la sécurité de notre communauté universitaire ». « Cela nous aide à prendre des décisions éclairées sur les lieux où notre personnel de sécurité peut être nécessaire pour apporter un soutien et si des informations doivent être communiquées aux étudiants et au personnel », a-t-il ajouté.

Gina Romero, rapporteuse spéciale sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, a toutefois déclaré que « l’utilisation de l'intelligence artificielle pour collecter et analyser des données étudiantes sous couvert de renseignement en sources ouvertes soulève de profondes préoccupations juridiques. » Selon elle, cela « permet de recueillir des quantités disproportionnées de données sur les étudiants par des entreprises échappant au contrôle public, et ces données peuvent être utilisées à des fins qu’ils ne peuvent pas anticiper. »

Douze universités britanniques, dont les plus prestigieuses du pays, ont payé la société privée de sécurité Horus (Horus Security Consultancy Limited) pour « espionner » des étudiants pro-palestiniens, selon une enquête menée par al-Jazeera et Liberty Investigates, publiée lundi. Horus, qui a passé au crible les flux de réseaux sociaux d’étudiants et mené des évaluations secrètes de « menaces terroristes », a été rémunérée à hauteur d’au moins 440 000 livres sterling (594 000 dollars) par des universités depuis 2022, selon l'enquête.L’université d’Oxford, Imperial College London, la London School of Economics, l'University College London, King’s College London, l’université de Sheffield, l’université de Leicester, l’université de Nottingham et Cardiff Metropolitan University...
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