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Négociations directes avec Israël : « Le choix de la diplomatie n’est pas un signe de faiblesse », dit Salam depuis le Luxembourg


Négociations directes avec Israël : « Le choix de la diplomatie n’est pas un signe de faiblesse », dit Salam depuis le Luxembourg

Le Premier ministre Nawaf Salam devant les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne au Luxembourg, le 21 avril 2026. Photo diffusée sur le compte X de M. Salam

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a défendu mardi, devant les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne au Luxembourg, le choix de recourir à des négociations directes avec Israël en vue de mettre fin à la guerre en cours au Liban.

« Le choix de la diplomatie n’est pas un signe de faiblesse, mais l’expression d’une responsabilité nationale visant à explorer tous les moyens pour recouvrer la souveraineté de notre pays et sauver notre peuple, a déclaré M. Salam. Par ce processus diplomatique, nous cherchons à mettre fin à l’occupation de nos terres, à garantir la libération de nos détenus et à assurer le retour des déplacés dans leurs maisons et leurs villages ». Selon lui, « l’objectif de l’État libanais n’est pas une implication symbolique, mais une volonté ferme de saisir cette opportunité pour œuvrer à une solution définitive » avec Israël. Il a aussi insisté sur les efforts visant à garantir le monopole des armes aux mains de l’État.

Le Premier ministre fait référence aux négociations directes entamées par le Liban avec Israël il y a une semaine à Washington, sous le parrainage des États-Unis, en vue de mettre fin au dernier conflit en date entre l’État hébreu et le Hezbollah, suite au front de soutien avec l’Iran ouvert par le parti le 2 mars dernier. La première conséquence en a été la proclamation d’un cessez-le-feu deux jours plus tard, pour une durée de dix jours. Ce nouveau conflit dans un pays qui ne s’est pas encore remis du front de soutien à Gaza en 2023-2024 a déjà fait près de 2.300 tués et des milliers de blessés et provoqué d'énormes destructions au Liban-Sud, où l'invasion israélienne s'étend désormais sur une profondeur de 8 à 10km. Plusieurs combattants du Hezbollah et civils libanais sont en outre détenus dans les geôles israéliennes.

Dans son discours au Luxembourg, M. Salam a mis l’accent sur la difficulté rencontrée par l’État libanais à retrouver la sérénité et la souveraineté, suite « aux multiples conflits internes ou imposés par l’étranger subis par notre pays dans son histoire contemporaine, qui ont drainé nos ressources et affaibli nos capacités ».

Et de poursuivre : « Mettre fin à cette dernière guerre est une nécessité. Pour y arriver, il faut renforcer la souveraineté du Liban, sinon la recouvrer purement et simplement, tout en protégeant son territoire. Or cela implique également d’affronter une situation interne qui a affaibli l’État durant de longues années. Un État qui ne monopolise pas la décision de guerre et de paix sera toujours en danger. »

Par ces termes, le Premier ministre pointe clairement du doigt le Hezbollah qui refuse de rendre ses armes et qui a ouvert ce front en soutien à son parrain historique, l’Iran, qui fait face à une offensive américano-israélienne depuis le 28 février. « Il est temps de consacrer un principe clair : un État indépendant ne peut exister sans les fondements de sa souveraineté, car il n’y a pas de souveraineté sans un pouvoir officiel unique qui monopolise la décision nationale », a martelé M. Salam.

Plusieurs rencontres au Luxembourg

Plus tôt, le chef du gouvernement libanais s’était entretenu au Luxembourg avec plusieurs dirigeants européens, notamment son homologue Luc Frieden, selon un communiqué relayé sur le compte X du Grand Sérail. Les deux responsables ont abordé la situation au Liban et dans la région. M. Frieden a appelé à ce que les conflits en cours débouchent sur des accords de paix. « Le Liban, comme l’ensemble de la région, a besoin de paix. L’exigence ne se limite pas à un cessez-le-feu, mais doit aller vers une solution durable et crédible, qui préserve la souveraineté et la stabilité du Liban », a-t-il souligné.

Le Premier ministre luxembourgeois a réitéré le soutien de son pays au Liban. Nawaf Salam l’a remercié pour ce soutien ainsi que pour l’aide humanitaire apportée par le Luxembourg, et l’a invité à se rendre prochainement au Liban.

Parallèlement, à Beyrouth, le président de la République, Joseph Aoun, a déclaré mardi que les négociations directes avec Israël « ne signifient ni renoncement ni capitulation, mais visent à résoudre les problèmes », appelant les Libanais « qui sont épuisés par les guerres » à se tenir aux côtés de leur État.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a défendu mardi, devant les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne au Luxembourg, le choix de recourir à des négociations directes avec Israël en vue de mettre fin à la guerre en cours au Liban.« Le choix de la diplomatie n’est pas un signe de faiblesse, mais l’expression d’une responsabilité nationale visant à explorer tous les moyens pour recouvrer la souveraineté de notre pays et sauver notre peuple, a déclaré M. Salam. Par ce processus diplomatique, nous cherchons à mettre fin à l’occupation de nos terres, à garantir la libération de nos détenus et à assurer le retour des déplacés dans leurs maisons et leurs villages ». Selon lui, « l’objectif de l’État libanais n’est pas une implication symbolique, mais une volonté ferme de saisir...