Le président syrien Ahmed el-Chareh prend la parole lors d'une séance du Forum diplomatique d'Antalya, à Antalya, en Turquie, le 17 avril 2026. REUTERS/Umit Bektas
Le président syrien Ahmed el-Chareh a déclaré vendredi envisager des « négociations à long terme » avec Israël au sujet du plateau du Golan si les deux pays parviennent à un accord de sécurité garantissant le retrait d'Israël des territoires syriens récemment occupés.
« Israël viole l'accord de désengagement de 1974, et aujourd'hui nous œuvrons à parvenir à un accord de sécurité qui garantisse son retrait des territoires qu'il a occupés après la chute du régime (d'Assad) et son retour aux lignes de 1974 », a déclaré M. Chareh lors d'un forum diplomatique à Antalya, dans le sud de la Turquie, réunissant une vingtaine de dirigeants mondiaux sous la supervision du président turc Recep Tayyip Erdogan.
Depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar el-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon patrouillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, dont une partie est occupée par Israël depuis 1967. L’État hébreu y effectue régulièrement des incursions et y occupe des positions.
M. Chareh a affirmé que la Syrie voulait « soit établir de nouvelles règles qui réactiveraient l'accord de désengagement, soit conclure un nouvel accord qui garantisse la sécurité des deux parties ». « Si nous parvenons à un accord, nous pourrions nous engager dans des négociations à long terme pour résoudre la question du Golan occupé », a ajouté le président syrien.
Mi-février, le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaibani, avait indiqué que les négociations en cours pour sceller un accord de sécurité avec Israël concernaient les zones récemment occupées par l'armée israélienne, mais excluaient la question plus large du plateau du Golan.
Malgré les pressions de l’administration Trump pour aboutir à un accord et stabiliser la frontière commune, en vue d’une normalisation diplomatique, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu signifie régulièrement qu'il n'a aucune intention de restituer à la Syrie la partie du Golan conquise par Israël et dont l'annexion n'est pas reconnue par l'ONU.
Blocage israélien
La Syrie et Israël avaient annoncé en septembre dernier négocier pour aboutir à plusieurs accords de sécurité d’ici la fin de l’année 2025. Après plusieurs mois d’impasse, un cycle de discussions s’était tenu à Paris entre les deux parties qui s’étaient engagées à établir une structure commune sous la supervision des États-Unis pour partager du renseignement et œuvrer à une baisse des tensions entre les deux pays. Mais la partie syrienne avait insister sur le fait qu’il était impossible d’avancer sur les « dossiers stratégiques » sans un calendrier clair et contraignant pour le retrait des troupes israéliennes du territoire syrien occupé.
Les discussions avec Israël ne sont pas dans une impasse mais progressent avec « de grandes difficultés » en raison de l’insistance israélienne à maintenir sa présence sur le territoire syrien, a déclaré Ahmad el-Chareh vendredi, affirmant que Damas reste « sérieux » dans la recherche d’un accord de sécurité garantissant la stabilité régionale.
Dans un entretien accordé à Anadolu en marge du Forum de la Diplomatie d’Antalya, le dirigeant syrien a accusé Israël d’agir avec « une grande brutalité » et d’occuper des zones proches du plateau du Golan, tout en soulignant que la Syrie a choisi la voie diplomatique afin d’éviter une escalade.
Durant le forum, le chef d’État s’est félicité d’avoir empêché que la Syrie ne soit utilisée comme « plateforme pour lancer des attaques » et « déstabiliser la région », dans le cadre de la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran, et a réaffirmé son souhait d’œuvrer pour une « région stable » par le « dialogue et la diplomatie ».
Son discours a lieu alors que la veille, la Syrie avait annoncé avoir pris le contrôle de toutes les bases militaires qui abritaient auparavant des forces américaines, présentes depuis des années dans le pays pour lutter contre le groupe État islamique, renforçant ainsi les efforts de Damas pour reprendre le contrôle de tout son territoire.


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