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Interview de Lavrov: Salamé aurait voulu davantage de décryptage pour le téléspectateur


La journaliste Léa Salamé lors d’une conférence de presse de France Télévisions à Paris le 24 août 2021. Photo AFP

Léa Salamé, présentatrice du 20H de France 2, a dit mardi regretter que son interview controversée du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n'ait pas été « accompagnée » par des reportages et un spécialiste en plateau. Cette interview, diffusée le 26 mars, a suscité une pluie de critiques et d'accusations de complaisance, à commencer par celles du gouvernement français et de l'Ukraine, en plein G7.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a notamment regretté que son homologue russe « ait pu dérouler tranquillement sa propagande » lors de cette interview. Ce mardi, lors d'une matinée de débats organisée par France Télévisions sur « L'information, nouvelle ligne de front », Léa Salamé est revenue sur cette polémique. « Il ne faut pas être hypocrite » car de telles interviews sont « demandées » par « toutes les rédactions », a-t-elle déclaré. « Faut-il donner la parole à des dirigeants qui lancent des guerres ? Je pense que oui », a-t-elle enchaîné. Sinon, les démocraties « laisseront à la Russie ou à d'autres le monopole du récit ».

Cependant, « j'ai un regret sur cette interview », c'est que « probablement, en 2026, on ne peut pas balancer une interview comme ça sans l'accompagner », a poursuivi la journaliste, rejoignant la position de Philippe Corbé, directeur de l'information de France Télévisions. « On aurait dû demander à Etienne Leenhardt (spécialiste des relations internationales pour le JT, ndlr) de venir en plateau » et « nous aurions dû aussi l'accompagner par un reportage sur les victimes en Ukraine » et « un reportage sur la guerre hybride qu'ils nous mènent », selon Léa Salamé.

Interviewer le chef de la diplomatie russe, « acteur majeur de la guerre au Moyen-Orient » et « allié » de l'Iran, « a un intérêt journalistique évident », avait défendu Philippe Corbé. « Interroger quelqu'un, ça n'est pas lui offrir une tribune » et Léa Salamé « ne lui déroule pas le tapis rouge », a-t-il insisté lors de ces débats.

Enregistrée à l'avance, l'interview a été réalisée à distance avec M. Lavrov, qui se trouvait à Moscou. Dix minutes ont été diffusées dans le 20H de France 2, regardées par 3,4 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie, et une version d'une heure a été mise en ligne sur franceinfo.fr. L'interview a ensuite été diffusée sur la chaîne YouTube du ministère russe des Affaires étrangères mais avec une traduction déformée des questions de Léa Salamé pour aller dans le sens de Moscou. « La Russie a manipulé les questions », a pointé le ministère français des Affaires Etrangères.

Léa Salamé, présentatrice du 20H de France 2, a dit mardi regretter que son interview controversée du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n'ait pas été « accompagnée » par des reportages et un spécialiste en plateau. Cette interview, diffusée le 26 mars, a suscité une pluie de critiques et d'accusations de complaisance, à commencer par celles du gouvernement français et de l'Ukraine, en plein G7.Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a notamment regretté que son homologue russe « ait pu dérouler tranquillement sa propagande » lors de cette interview. Ce mardi, lors d'une matinée de débats organisée par France Télévisions sur « L'information, nouvelle ligne de front », Léa Salamé est revenue sur cette polémique. « Il ne faut pas être...