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Politique - guerre au liban 2026

Négociations Liban-Israël : ce qu'il faut savoir avant la réunion de mardi à Washington

La rencontre entre les ambassadeurs israélien et libanais à Washington se fera sous les auspices du secrétaire d'État américain Marco Rubio et aux côtés de l'ambassadeur des États-Unis au Liban.

A Chiyah, dans la banlieue sud de Beyrouth, des destructions causées par les bombardements israéliens. Photo Mohammed Yassine/ L'Orient-Le Jour

Une première depuis plus de 40 ans. Le Liban et Israël s'apprêtent à lancer, mardi soir, des discussions préliminaires à Washington, prélude à des négociations directes sous le parrainage des États-Unis, dans un contexte de conflit meurtrier entre le Hezbollah et Tel-Aviv depuis le 2 mars.

Soutenue par le président, Joseph Aoun, le Premier ministre, Nawaf Salam, et le chef du Parlement, Nabih Berry, cette initiative a suscité l'ire du parti-milice chiite qui appelle à « annuler » les négociations et à poursuivre la « résistance » contre l'État hébreu, qui avance ses positions sur le territoire libanais. Que faut-il savoir en amont de cette réunion ? L'Orient-Le Jour fait le point.

Quand aura lieu la réunion et qui y sera ?

  • Une réunion est prévue à 11h, heure de Washington, 18h à Beyrouth, au département d'État.
  • La rencontre doit se dérouler sous les auspices du secrétaire d'État américain Marco Rubio, aux côtés des ambassadeurs israélien et libanais à Washington, Yechiel Leiter et N ada Hamadé Mouawad, ainsi que l'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa. Michael Needham, conseiller au département d'État, sera également présent, selon le média américain Axios. À noter que Yechiel Leiter, Nada Hamadé Mouawad et Michel Issa se sont entretenus en visioconférence vendredi soir. Il s'agit des premiers contacts directs entre les deux pays depuis 1983, dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre en cours.
  • Selon des médias israéliens, Yechiel Leiter a reçu un « briefing exceptionnel » de la part de hauts gradés de l'armée israélienne, afin de le tenir au courant notamment du « déploiement des forces israéliennes au Liban ».

Les enjeux

  • La réunion préliminaire de mardi doit ouvrir la voie à des négociations directes. Selon nos informations, l’ancien ambassadeur du Liban aux États-Unis, Simon Karam, devrait être chargé de ces pourparlers, au sein d'une délégation qui pourrait être élargie au fur et à mesure de l’avancée des discussions. Côté israélien, c'est le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, qui emmènera la délégation.
  • Les négociations porteront sur la possibilité d'un cessez-le-feu, un désarmement à long terme du Hezbollah et un accord de paix entre les deux pays.
  • Concernant le cessez-le-feu : Israël pose comme condition que les pourparlers se tiennent « sous le feu », tandis que le Liban, de son côté, exige un cessez-le-feu, du moins temporaire. Selon une source diplomatique, pour le moment, Tel-Aviv ne consent qu'à une désescalade, épargnant notamment Beyrouth et sa banlieue, et aucune frappe n'a été menée sur la capitale et ses environs depuis jeudi 9 avril, au lendemain de l'annonce des négociations et des terribles bombardements qui ont secoué la capitale libanaise. Les Israéliens ont d'ailleurs indiqué qu'ils « refusent » de discuter d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah.
  • Avant le début de la réunion, les Israéliens veulent consolider leurs positions dans le Sud. Ils ont annoncé dans ce cadre lundi avoir totalement encerclé Bint Jbeil, ville d'une grande importance stratégique à environ 5 km de la Ligne bleue et qui représente un symbole important pour le Hezbollah. Les Israéliens veulent également consolider leur « ligne anti-Char » au Liban-Sud. Avec ces avancées, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aura atteint les objectifs réalistes de la guerre et pourra répondre aux pressions américaines en acceptant un cessez-le-feu. L'État libanais pourrait alors se vanter d'avoir réussi, par la diplomatie, à obtenir ce que le Hezbollah n'a pas pu obtenir par les armes.
  • Benjamin Netanyahu pourrait vouloir saboter les négociations dans une fuite en avant pour échapper aux pressions américaines. Du moins, il pourrait présenter des demandes maximalistes, arguant d'avoir l'avantage sur le terrain.
  • Aucun accord ne semble possible sans le désarmement du Hezbollah. Or celui-ci refuse les négociations directes préférant que le Liban soit au menu des discussions entre Téhéran et Washington, estimant que les Iraniens auraient pu négocier un accord plus favorable pour lui. Dans un tel contexte, on le voit mal accepter de faire des concessions sur son arsenal.

Le contexte

  • Le Liban a été entraîné le 2 mars par le Hezbollah dans le conflit régional avec l'Iran, 15 mois après un cessez-le feu avec l'État hébreu le 27 novembre 2024. Depuis, les frappes israéliennes ont fait plus de 2 000 morts — dont près de 400 dans les attaques meurtrières sans précédent du mercredi 8 avril — et déplacé plus d'un million de personnes, malgré les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu.
  • Jeudi en début de soirée, Israël a accepté d’entrer dans des négociations directes avec le Liban, après une initiative dans ce sens présentée par Joseph Aoun. Le gouvernement libanais, réuni le même jour au palais présidentiel de Baabda, a chargé l’armée et les forces de sécurité d’« assurer le monopole des armes » à Beyrouth, avec pour objectif de déclarer la capitale libanaise « ville sans armes du Hezbollah ».
  • Les pourparlers de mardi se dérouleront dans un contexte de combats entre Israël et le Hezbollah et d'une vaste offensive terrestre israélienne dans le sud du Liban. La tâche des négociateurs risque par ailleurs d'être ardue puisqu'avant même la rencontre, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a réclamé lundi son « annulation », affirmant que de tels pourparlers étaient une « capitulation ».
Une première depuis plus de 40 ans. Le Liban et Israël s'apprêtent à lancer, mardi soir, des discussions préliminaires à Washington, prélude à des négociations directes sous le parrainage des États-Unis, dans un contexte de conflit meurtrier entre le Hezbollah et Tel-Aviv depuis le 2 mars.Soutenue par le président, Joseph Aoun, le Premier ministre, Nawaf Salam, et le chef du Parlement, Nabih Berry, cette initiative a suscité l'ire du parti-milice chiite qui appelle à « annuler » les négociations et à poursuivre la « résistance » contre l'État hébreu, qui avance ses positions sur le territoire libanais. Que faut-il savoir en amont de cette réunion ? L'Orient-Le Jour fait le point.Quand aura lieu la réunion et qui y sera ?Une réunion est prévue à 11h, heure de Washington, 18h à Beyrouth, au...
commentaires (1)

Mais Kassem, pour ton enseigne, pour capituler faut il encore participer à une guerre. Le Liban n’a jamais déclaré la guerre à quiconque et encore moins celle là qui lui a été imposée . Alors la ferme. Tu joues tu perds et tu te la coinces.

Sissi zayyat

11 h 41, le 15 avril 2026

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Commentaires (1)

  • Mais Kassem, pour ton enseigne, pour capituler faut il encore participer à une guerre. Le Liban n’a jamais déclaré la guerre à quiconque et encore moins celle là qui lui a été imposée . Alors la ferme. Tu joues tu perds et tu te la coinces.

    Sissi zayyat

    11 h 41, le 15 avril 2026

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