Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah. Photo Ani
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah, a mis en garde lundi contre un risque d’embrasement du Liban, estimant que seul un « recul du pouvoir » ou le fait de l’empêcher de « mener le pays à sa perte » pourrait éviter une explosion de la situation dans le pays.
« Rien n’empêche l’explosion au Liban ou l’embrasement de ses grandes crises, si ce n’est un recul du pouvoir ou le fait de l’empêcher de mener le pays à sa perte », a déclaré le mufti dans un communiqué, à l’occasion du 51e anniversaire du déclenchement de la guerre civile (1975-1990), le 13 avril 1975, alors que le Liban est de nouveau plongé dans une guerre ayant déjà fait plus de 2 000 morts depuis le 2 mars, date de la reprise de l’escalade entre Israël et le Hezbollah.
Il a également affirmé qu’en cas de crise majeure, « c’est ce camp qui doit perdre, et non le Liban », insistant sur le fait que l’affrontement est « politique et non confessionnel ». « Le Liban est le Liban, et non l’Amérique ou Israël ; sa politique nationale doit en être le reflet », a-t-il poursuivi, rejetant tout alignement sur Washington ou Tel-Aviv. Il a dénoncé, dans ce contexte, les tentatives visant, selon lui, à fragiliser ceux « qui ont libéré le Liban et vaincu Israël », en référence à la formation pro-iranienne, estimant que sacrifier des décennies de « lutte souveraine » mettrait en péril « la souveraineté du pays, son unité sociale et sa stabilité interne ».
Raggi : « l’État détient seul la décision de négocier au nom du pays »
Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël doivent entamer mardi des négociations directes à Washington pour mettre fin à la guerre. Le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi, a indiqué que ces discussions « consacrent la dissociation du dossier libanais de l’iranien ». Dans un message publié sur X, il a précisé que le Liban cherche, à travers ces négociations directes avec Israël, à parvenir à un cessez-le-feu, soulignant que ce processus « consacre de facto la dissociation entre le dossier libanais et le dossier iranien », alors que le cessez-le-feu de deux semaines conclu entre Téhéran et Washington mercredi dernier ne s’applique pas au Liban, comme l’a tranché Tel-Aviv. Il a en outre insisté sur le fait que l’État libanais détient seul la décision de négocier au nom du pays, dans « un message clair réaffirmant le principe de souveraineté nationale ».
Samedi, les tensions ont été contenues samedi au Liban alors que des craintes d'escalade interne dans la rue se faisaient sentir contre la décision des autorités de négocier avec Israël. Une manifestation de plusieurs centaines de partisans du Hezbollah devant le Sérail à Beyrouth s'est tenue sans heurts, le parti-milice s'étant dédouané de cet événement.
Pour Kabalan, le gouvernement « franchit les lignes rouges susceptibles de faire exploser le pays »
Dans son communiqué, Ahmad Kabalan a par ailleurs estimé que ceux qui gouvernent aujourd’hui sont « le produit du nouveau mandat américain » et « vivent sous le poids de leurs engagements (…) en contradiction avec les intérêts nationaux ». Il les accuse d’agir de manière « désordonnée » et de franchir « les lignes rouges les plus dangereuses susceptibles de faire exploser le pays », plaçant le Liban « au cœur d’un réseau complexe des pires causes de guerre civile ». Selon lui, si ce camp persiste à s’opposer aux intérêts nationaux et à maintenir ce qu’il qualifie de « dépendance » envers Washington, « qui défend les intérêts de Tel-Aviv », il entraînera le pays vers une guerre civile « sans précédent ». Il affirme en outre que « toute catastrophe nationale » incombera à ce camp, qu’il accuse de vouloir « priver le Liban des moyens de garantir ses intérêts en tant qu’État souverain, d’entraver le rôle de l’armée et de transformer le pays en terrain de confrontation au service d’intérêts étrangers ».



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ne dit on pas que le chien qui aboie trop ne mord pas ? ou que les chiens aboient, le train passe ?
10 h 01, le 16 avril 2026