Un partisan du Hezbollah agite le drapeau du groupe devant des soldats de l’armée libanaise sur la route de l’aéroport de Beyrouth, le 7 février 2025. Photo d'archives AFP
Les tensions ont été contenues samedi au Liban alors que des craintes d'escalade interne dans la rue se faisaient sentir sur fond d'annonce de négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv. Une manifestation pro-Hezbollah devant le Sérail à Beyrouth s'est finalement terminée sans heurts, le parti-milice se dédouanant de cet événement. Ce, après que le haut conseiller du guide suprême iranien, a adressé un message visant directement le Premier ministre Nawaf Salam et affirmant qu' « ignorer le rôle de la résistance et du Hezbollah exposerait le Liban à des risques sécuritaires irréparables ».
Des centaines de manifestants pro-Hezbollah sont rassemblés samedi après-midi sur la place Riad el-Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, pour protester contre la décision des autorités libanaises de négocier avec Israël. Les protestataires ont brandi des drapeaux du Hezbollah, du mouvement Amal, de l'Iran du Liban. « La résistance est notre choix », pouvait-on lire sur des pancartes qu'ils brandissaient, alors que certains scandaient : « Nawaf Salam est sioniste ». La manifestation s'est terminée sans aucun incident sécuritaire. Se dédouanant de cet événement, le Hezbollah et le mouvement Amal ont publié un communiqué commun dans lequel ils ont appelé leurs partisans « à ne pas manifester durant cette période critique que traverse le pays (...), dans un souci de préserver la stabilité, protéger la paix civile et ne pas se laisser entraîner vers une scission voulue par l'ennemi israélien ».
Par ailleurs, le Courant du Futur a dénoncé le fait que des protestataires ont brandi le drapeau du parti lors de la manifestation contre la décision des autorités de négocier avec Israël. Il a également affirmé que le parti n'a pas appelé ses partisans à prendre part à ce sit-in.
« Risques sécuritaires irréparables »
Plus tôt dans la journée, le haut conseiller du guide suprême iranien Ali Akbar Velayati a adressé samedi un message à Beyrouth, visant spécifiquement le Premier ministre. « Nawaf Salam doit savoir qu’ignorer le rôle irremplaçable de la résistance et du Hezbollah héroïque exposera le Liban à des risques sécuritaires irréparables », a écrit M. Velayati dans une publication sur X. Il a également affirmé que « la stabilité du Liban n’est possible qu’à travers la synergie entre le gouvernement et la résistance ». Ces propos interviennent au lendemain de manifestations à Beyrouth contre les négociations avec Israël.
Face à ces développements, le mufti sunnite de la République Abdellatif Deriane a estimé samedi que « s'en prendre et porter atteinte au Premier ministre Nawaf Salam est une offense à tous les Libanais ». Dar el-Fatwa « rejette toute atteinte ou tout débordement visant une autorité ou une institution, qu’il s’agisse de la présidence de la République, de la présidence de la Chambre ou de la présidence du Conseil, car cela porte atteinte au prestige et à la stature de l’État », a-t-il ajouté.
Le dignitaire religieux a également appelé à préserver la paix civile et l’unité nationale, mettant en garde contre toute dérive susceptible de plonger le pays dans « une spirale de chaos, d’instabilité et d'effondrement » et de servir « les intérêts de l’ennemi israélien ». Le mufti a enfin appelé l’armée et les forces de sécurité à « renforcer la sécurité à Beyrouth et à faire face à toute incitation », afin de « préserver la dignité des citoyens ainsi que les biens publics et privés ».
De son côté, le chef des Forces libanais (FL) Samir Geagea a estimé samedi que « ce qui s’est passé hier vendredi à Beyrouth en termes de manifestations et d’insultes à l’encontre du Premier ministre Nawaf Salam est absolument inacceptable », appelant « l’État à assumer ses responsabilités afin de ne pas permettre la répétition de ce scénario. Il a dans ce cadre salué le chef du gouvernement « qui assume des responsabilités nationales dans une période délicate ».
Mise en garde de l'armée libanaise
Sur le plan sécuritaire, l'armée libanaise a mis en garde, dans un communiqué publié avant la manifestation, contre « toute mobilisation susceptible de mettre en danger la stabilité et la paix civile ». « Des appels ont récemment émergé appelant les citoyens à se rassembler et à manifester afin d’obtenir plusieurs revendications. Le commandement de l’armée, qui réaffirme le respect du droit à l’expression pacifique de l’opinion, met en garde fermement contre toute mobilisation susceptible de mettre en danger la stabilité et la paix civile, ou d’entraîner des atteintes aux biens publics et privés », a souligné la troupe. L'armée a aussi averti qu'elle « interviendra fermement pour empêcher toute atteinte à la stabilité interne, alors que le Liban a besoin du plus haut degré de conscience et de responsabilité », et a appelé les citoyens à « répondre aux directives des unités militaires déployées ».
Dans ce contexte tendu, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a affirmé samedi matin dans un entretien à la chaîne al-Jadeed que le parti chiite était « attaché à la paix civile ». « Il y a ceux qui propagent des rumeurs visant à attiser la discorde, et le Hezbollah est attaché à la paix civile. Nous faisons partie du gouvernement et ne trahissons personne, et nous refusons toute insulte à l’égard de tout homme politique dans le pays », a-t-il souligné.


Menaces iraniennes contre notre premier ministre et mobilisation dans les rues de leur fadas? Il faut que le Liban appelle les opposants des mollahs à descendre dans la rue pour renverser ce régime et on verra la réaction de ce dernier qui se croit tout permis, même en dehors de ses frontières. Après ils viennent déclarer solennellement que les mollahs ne veulent pas s’ingérer dans nos affaires internes. Il n’y a que les bobets qui les reçoivent en grandes pompes qui croient à leurs mensonges à peine voilés. Comment peut croire en la sincérité d’un régime qui tue son peuple au lieu de le pro
11 h 15, le 13 avril 2026