Des manifestantes lors d’un rassemblement sur la place des Martyrs dans le centre-ville de Beyrouth, le 28 mars 2026 en hommage à trois journalistes libanais tués dans un bombardement israélien le jour-même à Jezzine. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Des journalistes issus de tous bords ont répondu, mardi, à l’appel lancé par l’ordre des rédacteurs et son président Joseph Kossayfi pour une rencontre générale visant à dénoncer les attaques contre les journalistes et à tenter de mobiliser les instances internationales dans ce but. Le ministre de l’Information Paul Morcos ainsi que le député membre de la commission parlementaire des Droits de l’homme, Melhem Khalaf, ont participé à cette rencontre, aux côtés du président du Conseil national de l’audiovisuel Abdel Hadi Mahfouz, du directeur général du ministère de l’Information Hassan Falha et de la directrice générale de Télé-Liban, Alissar Naddaf Geagea. Des représentants de nombreux médias ainsi que du Club des journalistes et de l’ordre des avocats étaient également présents.
L’objectif premier de cette rencontre était de condamner l’assassinat de journalistes et d’exprimer la solidarité de la communauté en cette période de guerre, face notamment aux récents tirs israéliens contre trois journalistes il y a une dizaine de jours dans la région de Jezzine. Les invités ont également exploré les moyens de déposer des plaintes devant des instances internationales, notamment la Cour pénale internationale.
Dans ce contexte, la Fédération internationale des journalistes ainsi que celle des journalistes arabes et la Commission internationale des droits de l’homme ont envoyé des messages de soutien. Mais pour M. Kossayfi, il faut aller encore plus loin dans la concrétisation de cette mobilisation, avec l’aide des autorités libanaises et de toutes les parties soucieuses d’arrêter les attaques contre les journalistes. De son côté, le ministre Morcos a rappelé que son ministère s’est déjà mobilisé dans ce but, depuis l’assassinat du journaliste Issam Abdallah lors de la guerre de 2024, dans le but d’empêcher Israël de poursuivre ses attaques contre les journalistes. Il a ainsi rappelé les décisions qu’il a prises dans ce sens, en coopération avec l’armée libanaise et le ministère des Affaires étrangères. Il a aussi évoqué les dispositions du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à la protection des journalistes en temps de guerre, ainsi que celles des instances internationales.
De son côté, le représentant de l’ordre des avocats, Nadim Hamadé, a affirmé que les avocats du Liban – et l’ordre qu’il représente en particulier – sont prêts à faire tout ce qu’ils peuvent pour déposer des plaintes contre les Israéliens lorsqu’ils attaquent les journalistes et portent atteinte au droit international. Un thème qui a été développé par Melhem Khalaf, qui a expliqué que les journalistes en mission sur les fronts de la guerre sont protégés par le droit international. D’ailleurs, en dépit des nombreuses divergences qui secouent le corps médiatique au Liban, tous les présents étaient d’accord pour assurer la plus grande protection possible aux journalistes sur les fronts et même dans leur vie quotidienne, pour préserver en priorité la liberté d’expression.
Un incident a toutefois perturbé ce rassemblement de solidarité lorsqu’un journaliste proche du Hezbollah s’est insurgé contre l’utilisation par certains médias de termes qui ne seraient pas assez hostiles aux Israéliens. Il a été rapidement circonscrit.


La grande hypocrisie continue. Je ne me souviens pas d’une quelconque mobilisation pour l’assassinat de Gebran Tueni et la tentative d’assassinat de May Chidiac. Mais chut… on ne pouvait pas s’opposer frontalement au Hezbollah sous peine d’élimination physique
10 h 49, le 08 avril 2026