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Moyen Orient et Monde - frappes contre l'iran

Trump promet de frapper « extrêmement durement » l'Iran durant deux ou trois semaines encore

Le président américain s'est gardé d'évoquer la question de l'envoi de troupes au sol et est passé bien vite sur la question des réserves d'uranium enrichi de l'Iran.

Le président américain Donald Trump après un discours télévisé à la Maison Blanche, le 1e avril 2026. Photo Alex Brandon / POOL / AFP

Le président américain Donald Trump a déclaré lors d’une allocution télévisée mercredi soir que l’armée américaine avait presque atteint ses objectifs en Iran, sans toutefois fournir de calendrier clair pour mettre fin à cette guerre qui dure depuis un mois, tout en promettant de « ramener le pays à l’âge de pierre ».

Face à une opinion publique américaine lassée de la guerre, à une baisse de sa popularité et aux pressions de certains alliés pour clarifier ses objectifs, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient détruit la marine et l’aviation iraniennes, et gravement affaibli ses programmes de missiles balistiques et nucléaire. « Au cours de ces quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes - des victoires comme peu de gens en ont jamais vu auparavant », a déclaré le républicain de 79 ans.

Il a cependant refusé de présenter un plan concret de sortie du conflit, désormais dans sa cinquième semaine, se contentant d’affirmer que les États-Unis termineraient le travail « très rapidement ». « Nous avons toutes les cartes », a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche. « Eux n’en ont aucune. »

« Ce soir, je suis heureux de pouvoir dire que (les) objectifs stratégiques fondamentaux sont proches d'être remplis », a déclaré le président américain, en répétant que l'opération militaire devrait être achevée d'ici deux à trois semaines. Pendant ce laps de temps, l'Iran sera encore frappé « extrêmement durement ». « Nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent », a-t-il lancé.

Il a aussi répété que si les discussions en cours avec des dirigeants iraniens n'étaient pas concluantes, il frapperait « chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément ».
Alors même qu’il s’exprimait, des sirènes d’alerte retentissaient à Doha et à Tel-Aviv, illustrant la capacité persistante de l’Iran à frapper dans la région malgré les pertes subies.

Donald Trump s'est gardé d'évoquer un éventuel déploiement de troupes au sol, une perspective très impopulaire, et n'a pas non plus repris, comme l'on pouvait s'y attendre, ses virulentes attaques contre l'Otan. Donald Trump est passé bien vite aussi sur la question des réserves d'uranium enrichi de l'Iran (la « poussière nucléaire », comme il l'appelle), en assurant qu'elles étaient très profondément enfouies après les bombardements menés en juin 2025 par les Etats-Unis et en laissant entendre qu'une surveillance par satellite suffirait dans l'immédiat.

Quant à la question de l’accès au détroit d’Ormuz, par lequel transitent d’importantes quantités de pétrole mondial et que l’Iran a quasiment fermé, il rouvrira « naturellement » une fois la guerre terminée, a-t-il dit.

Les marchés réagissent négativement

Son discours de 19 minutes n’a apporté que peu d’éléments nouveaux et n’a guère rassuré les Américains et les alliés, confrontés à la hausse des prix de l’énergie et à une impatience croissante face au conflit. Les marchés ont réagi négativement. Après le discours du président américain, les cours du pétrole, jusqu'ici en repli, sont repartis en nette hausse. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, a grimpé de plus de 5% jusqu'à plus de 106 dollars. Les places financières asiatiques ont aussi inversé la tendance, virant au rouge (-1,82% à Tokyo et -3,9% à Séoul vers 02H20 GMT) perdant l'optimisme du début de séance.

Sur le plan national, un sondage Reuters/Ipsos montre que 60 % des Américains désapprouvent la guerre, et 66 % souhaitent une fin rapide de l’implication américaine, même sans atteindre tous les objectifs fixés.

Trump a reconnu les inquiétudes liées à la hausse du prix de l’essence, tout en affirmant que celle-ci était principalement due à l’Iran et qu’il baisserait bientôt. Il s'agit d'un phénomène « de court terme », et l'économie américaine n'a « jamais été aussi forte », a-t-il assuré, en soutenant que le pays ne connaissait « aucune inflation », ce que démentent les chiffres, et en répétant que les investissements affluaient.

Donald Trump a redit également que les Etats-Unis, exportateurs de pétrole, ne dépendaient pas d'approvisionnements transitant par le détroit d'Ormuz. Les pays, comme le Royaume-Uni et la France, qui souffrent du blocage de cette artère stratégique doivent « s'en occuper », a-t-il lancé, tout en promettant de ne pas « abandonner » ses alliés du Golfe.

Peu avant le discours, un haut responsable de la Maison Blanche avait fait la liste des « objectifs » de l'opération, tels qu'ils sont aujourd'hui présentés. A savoir: « détruire » les capacités iraniennes de missiles ; « anéantir » la marine iranienne ; « assurer que leurs alliés terroristes ne peuvent plus déstabiliser la région » et « garantir que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire ». Il n'est plus question du « changement de régime » dont Donald Trump a pu parler, et la libération du détroit d'Ormuz n'est pas évoquée.

« Quiconque regarde ce discours ne sait pas si Trump est en train d'aggraver ou d'apaiser le conflit avec l'Iran », a réagi le sénateur démocrate Chris Murphy sur X. « Mais à vrai dire, lui non plus », a-t-il cinglé.

La question du cessez-le-feu

Si M. Trump n'a pas mentionné l'idée d'un cessez-le-feu dans son discours de mercredi soir, avant son allocution,, il avait assuré sur son réseau Truth Social que son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, aurait réclamé « un CESSEZ-LE-FEU ». Des affirmations « fausses », avait balayé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, qui a aussi démenti l'existence de négociations directes avec les Etats-Unis, et a qualifié les demandes de Washington de « maximalistes et irrationnelles ».

Dans une lettre ouverte adressée au peuple américain avant l'allocution de Donald Trump, le président iranien Massoud Pezeshkian a estimé mercredi que les attaques israélo-américaines contre les infrastructures énergétiques de son pays constituaient « un crime de guerre », « Attaquer les infrastructures vitales de l'Iran –-y compris ses installations énergétiques et industrielles-– revient à viser directement le peuple iranien », a écrit le président iranien. « Ce n'est pas une démonstration de force ; c'est le signe d'une désorientation stratégique et de l'incapacité à parvenir à une solution durable », a-t-il aussi jugé. En représailles aux frappes sur son territoire, l'Iran vise Israël, mais dit aussi cibler des intérêts américains dans le Golfe voisin. Là, des sites énergétiques (pétroliers, gaziers...) ont aussi été touchés.

Le président américain Donald Trump a déclaré lors d’une allocution télévisée mercredi soir que l’armée américaine avait presque atteint ses objectifs en Iran, sans toutefois fournir de calendrier clair pour mettre fin à cette guerre qui dure depuis un mois, tout en promettant de « ramener le pays à l’âge de pierre ».Face à une opinion publique américaine lassée de la guerre, à une baisse de sa popularité et aux pressions de certains alliés pour clarifier ses objectifs, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient détruit la marine et l’aviation iraniennes, et gravement affaibli ses programmes de missiles balistiques et nucléaire. « Au cours de ces quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes - des victoires...
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